De sage van Cornelius Guldentops

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Archives & Musée de la littérature asbl
Centre de recherche et de documentation littéraires et théâtrales de la Communauté française de Belgique
Qui est Guldentop ?
Il ne faut jamais effrayer le vol du rêve avec le revolver de la réalité.
Que faire de la vie, si tous les Guldentop de l’enfance nous manquent ?
Marie Gevers, Guldentop, Labor, « Espace Nord », p. 100
« Guldentop », mot qu’on pourrait traduire en français par « Tête d’or », était un bandit de grand chemin, un séducteur, un espiègle.
Il fut décapité sous le régime français, à la fin du XVIIIe siècle. La légende dit qu’ayant perdu la tête et donc la mémoire, il cherche sans relâche le lieu où il a caché son trésor.
Le dossier de son arrestation, dont il existe une copie aux AML, y révèle notamment que la blessure à la jambe de Guldentop s’était aggravée jusqu’à la gangrène et qu’il fallait, pour que l’exécution soit conforme aux règles, absolument trouver une chemise… rouge !
C’est un fantôme unique en son genre. Il vécut longtemps dans la région d’Anvers, précisément à Missembourg, propriété où Marie Gevers passa son enfance, grandit et éleva ses enfants, notamment Paul Willems.
Dans les récits qu’elle nous a laissés, Guldentop apparaît tantôt sous les traits d’un maraudeur, tantôt sous ceux d’un beau jeune homme blond, tantôt sous ceux d’un pendu, parfois sous la forme d’une branche qui cogne contre la vitre.
Les activités du fantôme ne sont jamais prévisibles, il s’amuse à retourner les chambres, à nouer les queues des vaches, à effrayer les forts à bras. C’est un courant d’air poli envers les dames. Il les salue lorsqu’il les croise.
En 1922, Marie Gevers, alors âgée de 39 ans, publie dans Ceux qui reviennent dix récits où se dessine la silhouette de Guldentop. Augmentés de cinq autres, ils paraîtront en revue, puis en volume dans la célèbre collection Durendal en 1935.
Mais les pages trop souvent fermées d’un livre ne pouvaient retenir longtemps un Guldentop.
Depuis quelque temps, il s’est mis à hanter les murs et les rayons des AML. Sa curiosité et son goût des trouvailles n’ont pas disparu avec l’âge. En dilettante, il parcourt les dossiers profondément enfouis ou les plus surprenants ; parfois s’empare d’un texte avant même que les archivistes n’aient eu le temps de bien l’examiner, et le fait resurgir de façon toujours imprévue.
Nous ne résistons pas au plaisir de vous montrer la photographie que Paul Willems a prise du fantôme lorsque Guldentop hantait encore Missembourg. Ceux qui l’ont croisé en nos murs disent qu’il n’a pas changé…







