jovo
en als nu eens mijn bewustzijn in deze aardse dimensie
dit lijf had gekozen als een cocon
om bij het afsterven ervan
te ontplooien in een andere dimensie?
jovo
en als nu eens mijn bewustzijn in deze aardse dimensie
dit lijf had gekozen als een cocon
om bij het afsterven ervan
te ontplooien in een andere dimensie?
jovo
Al ons weten verandert met de tijd
niet-weten is waarheid
hella hertogshet stille
maanlicht
droomt
in mijn tuin
geeft gestalte
aan de schaduw
van overdag
bewerkt kleur
tot bleek
bijna geel
en behangt
mijn tuin met
haar beelden
zo droom ik wakker
en waak ik dromend
waar ben ik in de tijd?
ik vervaag
en met mij, de maan
de grenzen
van afgebakend weten
jean-michel maulpoixLe bleu ne fait pas de bruit.
C'est une couleur timide, sans arrière-pensée,
présage, ni projet, qui ne se jette pas brusquement
sur le regard comme le jaune ou le rouge,
mais qui l'attire à soi, l'apprivoise peu à peu,
le laisse venir sans le presser, de sorte qu'en elle il s'enfonce
et se noie sans se rendre compte de rien.
Le bleu est une couleur propice à la disparition.
Une couleur où mourir,
une couleur qui délivre,
la couleur même de l'âme après qu'elle s'est déshabillée du corps,
après qu'a giclé tout le sang et que se sont vidées les viscères,
les poches de toutes sortes, déménageant une fois
pour toutes le mobilier de ses pensées.
Indéfiniment, le bleu s'évade.
Ce n'est pas, à vrai dire, une couleur.
une tonalité, un climat, une résonance spéciale de l'air.
Un empilement de clarté, une teinte qui naît du vide ajouté au vide,
aussi changeante et transparente dans la tête de l'homme que dans les cieux.
L'air que nous respirons, l'apparence de vide sur laquelle remuent nos figures, l'espace que nous traversons n'est rien d'autre que ce bleu terrestre,
invisible tant il est proche et fait corps avec nous,
habillant nos gestes et nos voix.
Présent jusque dans la chambre, tous volets tirés et toutes lampes éteintes,
insensible vêtement de notre vie.
frans kuipersWat blijft is de weide waarin
hun kleine bazuinen ten hemel geheven,
blinkend, geel en veel,
de boterbloemen staan - wat blijft
is de wind op de grasharp spelend.
onder het dorre blad van de dovenetel,
in windsels als een mummie, de mug
meedeinend in de flard van een web.
wat blijft is de wolkenherders hemellicht
het bankroet van alle benul.
tot in je goudzwijgen verbabeld
jij die uit de onzee komt.
gd
Aan de paradijselijke vogel
die nu zo dicht bij de hemel
de poorten van de nacht
ontgrendelen moet
geef ik mijn dromen mee
opdat ze straks
als ochtendrode rozen
aan je raam zouden staan
silvina ocampo
Tue-moi, splendide et sombre amour,
si tu vois dans mon âme s’égarer l’espérance,
si le cri de douleur en moi se lasse,
comme dans mes mains succombe cette fleur.
dans l’abîme de mon cœur
tu trouvas un espace digne de ton attente,
en vain de ton ciel tu m’éloignas
laissant en flammes ma désolation.
contemple la misère, la richesse
de qui connaît toute ta joie.
contemple mon hypnotique tristesse.
ô toi qui me fis don de l’harmonie !
je crois sans espérance en ta promesse.
amour contemple-moi, dans tes bras, prisonnière.
esidore dalla noraEntre les eaux fécondes
au coeur d'un paysage de pure beauté
des mains d'homme se sont réunies
pour aplanir la terre
et t'asseoir en profonde médiation
tu es surgie d'un élan vers la clarté
bâtie par l'épanouissement de l'esprit
montant d'un seul jet vers le soleil
en forme de lumière intérieure
sculptée dans la roche vive
afin que résonne
la plus haute musique
d'un chant qui se perpétuera
jusqu'à la fin des jours
dans un mouvement intime
de génération
c'est ainsi qu'une rigole se creuse
et devient torrent d'amour
qui se lance vigoureux
dans la grande mer
de l'unique Absolu.
y. néde melktandjes van het ochtendlicht knabbelen
aan de nog argeloze dingen op tafel - de afstand
tot mij is een dans die verleidt - pas als ik ben
genaderd en de lamp ontsteek bijten de dingen terug.