LIEGE - BASTOGNE - LIEGE .

2010. En ce dernier dimanche d'avril, nous avons un mauvais nuage islandais dans le ciel et nous n'avons plus de gouvernement, mais cela reste supportable. Réjouissons nous, car le printemps est arrivé et demain sera dimanche, pas n'importe quel dimanche ordinaire car notre grande cité ardente est en fête à l'occasion de La 94ième Doyenne, la plus belle course cycliste de l'année. Les Italiens qui aiment tant cette classique, ont à nouveau envoyé leurs campionissimi actuels vers Liège pour un dernier grand test dans monts et vallées, à deux semaines du départ du Giro d'Italia qui partira, tenez-vous bien, à Amsterdam !
C'est naturellement la course des courses pour les coureurs wallons qui seront six au départ avec Philippe Gilbert, et ses équipiers Christophe Brandt et Olivier Kaisin, Maxime Monfort qui pourrait surprendre, et dans leur maillot agricole Sébastien Delfosse et Benjamin Gourgue, qui méritent leur sélection après un bon comportement dans d'autres courses de haut niveau.
Liège-Bastogne-Liège est la classique qu'en 1955 avait gagné de façon grandiose l'idôle de ma jeunesse avec son éternel sourire Stan Ockers. Cet adorable Anversois avait été à lui-seul capable de mettre d'accord Flamands et Wallons avec ses coups de pédales en prouvant qu'il ne faut pas aller à l'école pour devenir malin, et qu'il ne faut pas être grand pour devenir un superchampion. Il faut simplement avoir de la patience et de la volonté pour gagner, et cela de manière à être aimé par tous. C'est pourquoi il y a un si beau monument Stan Ockers à Liège (sommet Les Forges) et à Anvers (Sportpaleis). Je ne citerai pas les possibles premiers de la course 2010, cela se trouve déjà bien ailleurs, mais je voudrais que, si Philippe Gilbert ne gagne pas, que ce serait Evans comme à Huy, car Cadel me fait penser à Ockers. Les chiffres se prêtent bien à une telle prédiction : 1955 + 55 = 2010 .
Les trois côtes de la finale sont : La Redoute ( 2,1 km à 8,4 %), Côte de la Roche aux Faucons ( 1500 m à 9,9 %) - tiens, ... faucons = valken ... comme dimanche passé où Phil avait triomphé ... bonne augure donc pour demain ... - et la Côte de Saint Nicolas ( 1 km à 11,1 %).
Que le meilleur gagne à Ans ... sans être dopé ... !
Mais mon intention sur ce blog en tant que modeste historien du sport, était de faire un article sur la Doyenne de 1910, celle qui avait été disputée il y juste 100 années, et d'en profiter pour un peu voir ce qui s'était passé globalement dans le monde en cette année 1910. 
Au cinéma on avait inventé Frankenstein
1910. C'est l'année du premier film d'horreur sur le monstre Frankenstein, tourné jadis à petit budget dans les Studios Edison du Bronx à New-York. Toutes les copies de ce film muet avaient disparu, mais en 1963 quelqu'un a retrouvé script et quantité d'images. Après restauration en 1970 les cinéphiles ont retrouvé Frankenstein à l'écran. Un exemplaire digital existe maintenant.
1910. Entre le 20 avril et le 18 mai, la Comète Halley s'approchait dangereusement de notre planète Terre, certaines mauvaises langues craignaient pour la fin du monde.
1910. Le tout Paris découvre Igor Stravinsky et son chef d'oeuvre ' L'oiseau de Feu'.
1910. 23 avril - Début de l'Exposition Universelle à Bruxelles, à ne pas confondre avec 1958.
1910. 21 avril - Dans le Connecticut décède le père de la littérature américaine, l'ecrivain Marc Twain, auteur e.a. des Aventures de Tom Sawyer et de Huckleberry Finn.
1910. Le petit Georges, fils de Désiré et de Henriette,vient d'apprendre l'abc à l'école primaire. Sim deviendra bientôt reporter à la Gazette de Liège et Simenon deviendra l'auteur le plus lu au monde. Ses livres ont été souvent filmés, et traduits en 55 langues.
1910. L'industrie des armes à Liège sort un revolver intéressant : le Nagant M1910, et décide de fabriquer des voitures de qualité.

Twain
1910. Année de naissance de Toine.Dignef cycliste de Landen et du Pesant de Liège, partant dans les Doyennes de 1933 à 1938, grand ami du triple vainqueur Fons Schepers.
1910. Par une victoire 0/1 à l' Antwerp le Standard termine bien sa saison, mais le champion de la saison précédente ne sera que cinquième en 1909/1910. Son voisin, le FC de Liège termine dernier. l'Union St-Gilloise est champion de Belgique.
1910. La course Bruxelles- Liège pour indépendants avait été gagnée par Paul Deman devant Charles De Ruyter, deux cracks de l'époque héroïque des courses sur route d'un jour.
Mais quelle nouvelle donc, ... avec Liège-Bastogne-Liège 1910 ?
Navré de vous décevoir, cher ami, mais 1910 fut une année sabbatique pour la course du Pesant Club Liègeois et du Journal l'Express. On n'a pas organisé la course en 1910. Cette année-là, le ciel était clair et non pollué, la Belgique avait un gouvernement et un roi avec une belle barbe, mais il n'y avait pas de grande course vélocipédique à Liège ! Voilà ce qui était vraiment bien triste .
Que ce soit en 2010 ou en 1910, l'organisation d'une course de longue distance sur route demande des efforts et des moyens considérables de la part des organisateurs. L'engouement pour le sport cycliste avait été très grand à Liège à la fin du XIXe siècle, surtout sur les vélodromes. Basé sur cet enthousiasme existant temporairement, le palmarés avait été inauguré en 1892-93-94 par le champion local Léon Houa. Le déclin du commerce du cycle toutefois, ainsi que l'essor de l'automobile et des motos, avait rendu impossible l'organisation d'une course du plus haut niveau. Il fallait attendre 14 ans pour voir la renaissance de l'épreuve. Le même jour qu'une course sur engins motorisés était mise sur pied la quatrième édition pour les cyclistes amateurs. Déroulement monotone, arrivée en peleton massif avec la victoire de André Trousselier, le frère du professionel français Louis Trousselier.L'année suivante la cinquième édition est disputée comme course d'attente pour amateurs avant le finish de Paris-Liège pour professionnels (gagné par Jules Masselis). Avant 14/18 les trois Doyennes de 1911-12-13 sont disputées par les indépendants, mélangés aux professionnels et aux amateurs, et peu importe la catégorie ou le classement, les tables des prix n'encouragaient guère les meilleurs coureurs et les champions à venir souffrir sur 257 km. Quelques jeunes concurrents révèlaient cependant des noms de coureurs wallons qui après 1919 deviendront célèbres : Jean Rossius,Léon Scieur, Louis Mottiat,Léon Despontins.
On peut se demander ce qui se serait passé dans ce sport si Alphonse Steines aurait été envoyé par son chef Henri Desgrange à Aywaille-Remouchampan au lieu de Sainte-Marie-de-Campan. C'est vraiment dommage que le grand H.D. n'avait pas organisé la grande classique à Liège déjà en 1910 et qu'il a fallu attendre un siècle pourque avec son know-how la Société du Tour de France prenne en main la destinée de ce monument vélocipédique.



Alberto Contador le Grand d'Espagne
Phil 
















