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Berichten van 1 december 2011 tot 31 december 2011

Il neige sur Liège - Jacques Brel .

Il neige il neige sur Liège
Et la neige sur Liège pour neiger met des gants
Il neige il neige sur Liège
Croissant noir de la Meuse sur le front d'un clown blanc
Il est brisé le cri
Des heures et des oiseaux
Des enfants à cerceaux
Et du noir et du gris
Il neige il neige sur Liège
Que le fleuve traverse sans bruit

Il neige il neige sur Liège
Et tant tourne la neige entre le ciel et Liège
Qu'on ne sait plus s'il neige s'il neige sur Liège
Ou si c'est Liège qui neige vers le ciel
Et la neige marie
Les amants débutants
Les amants promenant
Sur le carré blanchi
Il neige il neige sur Liège
Que le fleuve transporte sans bruit

Ce soir ce soir il neige sur mes rêves et sur Liège
Que le fleuve transperce sans bruit
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La Bataille de Steppes du dimanche 13 octobre 1213.

Je n'avais pu choisir l'endroit où j'étais arrivé sur cette terre. Mais au bout de presque 25.000 journées d'existence je réalise que j'ai eu de la chance d'avoir vu le jour dans une famille bien fixée sur les terres où les provinces belges actuelles du  Limbourg, de Liège et du Brabant-Flamand se rencontrent en un seul point. A l'âge de cinq ans dèjà mon père m'avait amené en haut d'une colline, dans les champs immenses, près des sept sources,  et il m'avait montré les splendeurs et les raretés de notre village . Peu de temps après avec mes jambes maigres j'étais infatigable et j'allais à la découverte des haies, des arbres, des ruisseaux, des prairies, des bois, des chemins profonds et des tumuli de la Hesbaye. Car je me prennais à l'époque pour Winnetou, le chef des Apaches, et ma course à travers champs était celle d'un jeune lièvre bienheureux. A l'âge de mes dix ans, pour la joie de ses enfants mon père avait acheté un âne.  Il attendait de ma part que  d'une ferme de Montenaken je ramènerais à la maison ce nouveau membre de notre famille. La vieille bête, qui avait passé presque toute son existence au fond d'un charbonnage, avait une bonne corde autour du cou et cela devrait me permettre de la conduire sur cinq kilomètres à travers ces chemins de terre que je connaisais si bien à cause de mes vagabondages à pied ou à bicyclette. J'avais mis beaucoup d'heures pour rentrer chez nous. Cette ânesse avait Bella comme prénom et c'était une vieille jeune-fille stérile. Ce jour-là cela avait été un dur combat pour se mettre bien d'accord au sujet de qui serait l'homo sapiens et qui l'asinus aux oreilles trop longues. Mon duel de dressage s'était passé exactement dans la campagne de Steppes où au début du treizième siècle  avait eu lieu la grande Bataille de Steppes.

Il y a eu plus de cinquante batailles importantes sur le territoire actuel du Royaume de notre Belgique, et dans mon village nous étions fiers que cet évènement du dimanche 13 octobre 1213 s'y était déroulé. Toutefois  peu d'habitants actuels de la région s'intéressent encore à ce glorieux dimanche d'un passé si lointain, et c'est pourquoi j'ai pris la liberté de me documenter un peu pour une modeste présentation sur mon blog. Vous êtes en train de la lire et j'espère que cela ne vous laissera pas indifférent.

Reculons dans le temps vers cette Europe de l'Ouest de 1212 qui était partagée selon les historiens entre trois forces principales : le Saint Empire , la France, et l'Angleterre. Sur un plan plus régional les dés étaient dans les mains de la Flandre, du Brabant, et de la Principauté de Liège.  On peut presque dire que cela ressemblait à aujourd'hui. C'est exact et c'est aussi faux, car si les noms sont identiques, les intérêts en jeu sont différents, les frontières des territoires ont bien changé, et les innombrables familles nobles de jadis sont moins puissantes et surtout remplacées par d'autres forces capitalistes et politiques. Ce qui dominait la situation au Moyen Age était la voie commerciale qui mène de Bruges ( Mer du Nord) à Cologne ( Rhin). La politique était dictée par les relations entre les grandes familles nobles et s'exprimait par un multiple de mariages et d'héritages, mais elle se modifiait également par les affrontements armés violents et sauvages,  par les alliances et les traités. Il faut ajouter qu'en 1212 on était encore aux temps des croisades, des pélerinages, de la construction des cathédrales, des abbayes, de l'Eglise unique superpuissante de Rome,  et 
au temps de la naissance d'une troisième force nouvelle composée par les citoyens de nos villes, artisans et commerçants organisés en gildes, métiers, confréries et milices.

Il n'a pas été possible à bien d'autres que moi d'expliquer exactement l'importance historique de La Bataille de Steppes. Les témoignages directs écrits de l'époque sont très rares et trop différents les uns des autres, selon qu'ils viennent du côté de nos ancètres Limbourgeois, Liègeois, ou Brabançons. Il y a aussi des textes qui datent d'autres époques, y compris la nôtre, venant d'historiens religieux ou laïques, d'écrivains, d'étudiants, ou de Cercles d'Histoire, et qui dans leur ensemble prouvent un mélange de vérités, de légendes, mais aussi d'impossibilités et de doutes .


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Les pas qui allaient conduire aux pires horreurs dans les campagnes d'Hesbaye avaient pris leur départ en 1197 à cause d'un testament fait par le comte Albert de Moha-Les Waleffes en faveur de Henri Duc du Brabant et de Louis Comte de  Looz, en échange d'une grosse somme d'argent, testament modifié ensuite en faveur du prince-évêque. Durant les années du début du XIIIe siècle de grosses tensions existaient entre les pays du Brabant et les pays de Liège à cause de cet héritage. Mais la naissance inattendue de Gertrude von Dachsberg, fille de Mathilde de Moha, enleva tout espoir aussi bien aux Brabançons (Ouest) qu'aux Liègeois (Est), car après avoir changé plusieurs fois ses accords avec ses voisins Belges, Duc et Prince-Evêque, le médiocre Comte de Moha donna sa toute jeune fille en marriage à un voisin du Sud, Thierry de Lorraine .

Albert III de Moha décède. Il a beaucoup de dettes et c'est manu militari que les uns et les autres vont essayer de se faire rembourser. Fin avril 1212 le Duc du Brabant arrive dans sa nouvelle place forte Landen. Il arrive à la porte de sortie de son duché avec plus de 300 chevaliers en armure. Les jours suivants toute une armée auxiliaire le rejoint et l'affrontement politique se transforme en épreuve de force militaire.

Depuis des siècles des hommes s'étaient installés dans les vallées avec microclimat et sur les bonnes terres au Nord-Ouest de Huy. Le Comté de Moha avait été beaucoup plus grand, mais compte
en 1212 toujours 22 villages, 5000 hectares de terres agricoles. Le Duc Henri est sans scrupules, sa volonté d'étendre sans cesse ses frontières ne stoppe jamais, il est selon ses projets à la fois l'ami ou l'ennemi de n'importe qui. Ainsi Hugues de Pierrepont de Liège est le parrain de son fils, et via Philippe, le comte de Namur, il a signé un traité de paix avec les Liègeois.  Le Duc a recruté mille mercenaires à Liège et en Hesbaye qu'il a placés ensemble avec des troupes à lui dans un campement au Nord de Bruxelles en vue de participer à une future guerre entre la Flandre et la France.  Mais il est lié en affaires avec Otton IV Empereur, mais excommunié par Rome, à qui il a promis de corriger une bonne fois les hommes d'église de Liège. Ce vilain Duc du Brabant joue sur tous les tableaux !
Le Duc veut s'emparer de Moha . Le prince-évêque déplace ses forces de Liège à Huy et laisse la cité ardente quasi sans défense ! Il n'y a ni hommes ni murs pour défendre cette grande cité qui pensait être sans ennemis. Car qui oserait s'attaquer à une ville sacrée qui compte tant d'églises et de couvents. Qui oserait avec des pieds impurs envahir le Palais du Prince-Evêque ?
Les chevaliers du Brabant ne descendent pas vers la Burdinale et la Mehaigne, mais dans la brume matinale à pas rapide ils prennent le chemin vers le soleil levant qui mène à Liège.

( selon Coussement )  - Henri Ier le Guerroyeur, duc de Brabant, voulant se venger du prince-évêque de Liège, Hugues de Pierrepont, qui lui avait disputé avec succès la possession des seigneuries de Moha et de Waleffes, situées au nord de Huy, vint fondre à l'improviste sur la ville de Liége, où l'on n'avait pris aucune mesure pour résister à cette attaque inattendue. Les habitants s'enfuirent de l'autre côté de la Meuse; leurs maisons furent livrées aux soldats et le pillage dura quatre jours.

Le prince-évêque voulait quitter Huy pour défendre ses biens, mais ses conseillers étaient informés sur l'impossibilité de reprendre possession de leur ville à cause de la terreur inhumaine qui y règnait . C'est pourquoi Hugues de Pierrepont s'est mis en sécurité à Dinant.

Le  SAC DE LIEGE  de ce mois de mai n'était pas moins terrible que dans d'autres villes frappées à l'époque par le malheur de la guerre. Des milliers d'hommes sans pitié, avec une brutalité sans limite, volaient, incendiaient, violaient, tuaient, buvaient, cassaient ...  et il faut signaler que ce n'étaient pas les chevaliers et fantassins qui étaient les plus actifs après les combats, mais leurs divers compagnons temporaires qui n'étaient que des voyoux et des aventuriers. Vers ce Liège blessé ils allèrent en vue de profiter de la situation. Le Duc du Brabant était visiblement le chef d'orchestre de toutes les atrocités. Heureusement que quelques notables étrangers présents en ville purent intervenir auprès de lui  et ainsi des enfants pris en otage furent rendus à leurs parents, les églises et la ville échappèrent à la destruction totale par les flammes. Le dimanche tous les hommes d'église devaient jurer fidélité devant Dieu à leur Suzerain l'Empereur Otton IV et les survivants devaient signer un Traité de Paix qui les déshonorait. Le duc si rusé faisait comme s'il était venu à Liège sur ordre de l'empereur. Le lendemain l'armée du Brabant avec un butin maximum quittait Liège, s'empara de Les Waleffes, mais fatigués ils préféraient ensuite rentrer à la maison sans encore continuer la guerre à Huy en à Moha , où des défenseurs très coriaces les attendaient.

  

Suite à cette dévastation de la Cité de Liège, les mois suivants le prince-évêque se mit en action. En cette période de grand deuil il améliora son armée, et poussa les Liégeois à finir les fortifications autour de leur ville, et surtout il faisait des bonnes collectes partout. Son rôle comme chef religieux n'était pas moins important. Henri le Guerroyeur, pour toute une population devint pire que le diable. Sa demande d'excommunication au pape était sollicitée. Un deuil général pour les victimes du Sac de Liège fut proclamé. Dans toutes les eglises des actions avaient lieu visant la damnation du Duc du Brabant. Sur le plan politique le prince-évêque pouvait s'entourer de nombreux amis importants, une coalition contre laquelle Henri I n'était plus capable de se battre. Mais au lieu d'affrontrer ses ennemis groupés,  le duc et ses nobles demandaient le pardon pour leurs crimes. Ils allaient à confesse et remboursèrent de fortes amendes en promettant de laisser Moha à d'autres. Le Duc Henri, temporairement répenti, admettait avoir très mal agi en attaquant un prince-évêque de sa propre dynastie. L'armée hétérogène qui était prête contre lui est dissoute vers la fin de l'année. Le comte Ferrand de Flandre, fin diplomate en ces heures, fut l'artisan d'une courte période heureuse sans vives luttes qui suivit.

Mais, après l'hiver, déjà en avril 1213 Henri du Brabant change de camp. Il abandonne les Guelfes, son associaton allemande. En se mariant avec la fille du roi de France il devient un joueur des Franco-Staufen. Ceux-là sont en guerre contre les Anglais de Jean-sans-Terre, allié de la Flandre. Celle-ci alors a peur du duo France-Brabant, et pour avoir plus de force elle fait union avec Liège. Dès mai 1213 ces  concurrents s'affontent déjà dans une autre guerre qui ne fait pas partie directement de ce qui nous intéresse en vue de l'affrontement de Steppes, mais c'est un conflict dont il faut savoir l'existence à la même époque  .

Malgré les bonnes relations de Henri I du Brabant avec les chanoines de Liège, Hugues de Pierrepont et Ferrand de Flandre veulent attaquer le Brabant le 10/10/1213. Au lieu d'attendre pour cette action commune, les guerriers flamands campent déjà avant cette date convenue autour de Bruxelles où ils n'avaient pas le droit de se trouver, et les voilà alors également en guerre et opposés à la couronne de France.  Mais Henri I est au courant des plans pour une grande explication Brabant-Liège. Il attaque lui-même avant le jour convenu, l'attaque étant souvent la meilleure défense selon les experts militaires. Ses troupes s'emparent de Les Waleffes, Tourinne-la-Chaussée et de Waremme, localités situées sur la vieille chaussée romaine. Henri le Guerroyeur passe la nuit à Waremme et continue vers Tongres, ville bien fortifiée.  Le duc diabolique va espionner lui-même la situation à Liège. Il voit des murs et beaucoup de défenseurs. Il se réalise ainsi qu'un deuxième Sac de Liège ne sera pas possible. Il retourne à Tongres et établit son camp sur les bords du Geer. Le samedi après quelques manoeuvres de diversion et des pillages à Tongres, Xhendremael, Donceel, Omal, où il se repose un peu, car en fin de soirée le duc Henri oblige ses hommes à une marche rapide pour passer la nuit sur une hauteur à Steppes, située entre Cras-Avernas, Montenaken, et Houtain l'Evêque, endroit qu'il trouve stratégiquement intéressant et où il y avait bonne eau pour hommes et animaux . Il faut savoir qu'en juillet 1203 aux mêmes endroits un plus petit affrontement armé d'une durée de 8jours avait déjà existé entre les mêmes adversaires.

IN LOCO QUI STEPS DICITUR.

Entretemps, les forces du prince-évêque, se rassemblent et partent de trois points, de Borgloon, de Liège, et de Huy. Ces trois forces armées, après un déplacement nocturne, vont s'unir au lever du jour à Montenaken, le dimanche 13 octobre 1213. Selon les principes de la chevalerie chrétienne, le jour du seigneur, le dimanche, il devait y avoir trève pour permettre aux combattants des deux camps chrétiens opposés d'assister aux cérémonies religieuses, pour des obligations familiales, et pour soigner les blessés. Mais ce dimanche 13 octobre, légende ou vérité, les 'bons' seront les Liègeois et les ' mauvais' les Brabançons, car comme leur chef Henri a été frappé d'excommunication, il est non-chrétien, barbare, hors-la-loi.
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QUELQUES HEROS QUI ONT COMBATTU POUR LIEGE A LA BATAILLE DE STEPPES DE 1213.

( Borgloon était une ville importante en ce temps-là, capital d'un comté qui allait jusque Tessenderlo et Hasselt. Pour être protégés contre l'expansionisme du Brabant ces Limbourgeois s'étaient bien associés aux Liègeois.)  

Le Comte Louis II de Looz, qui venait de la forteresse de Brustem avec 300/400 chevaliers du Pays de Borgloon dont Henri III Comte du Limbourg lié par mariage au Duc du Brabant. - Didier de Walcourt, seigneur important des Ardennes, propriétaire à Walcourt, Rochefort,Clermont,Esneux,Dinant. C'est un ami de Hugues de Pierrepont. Il commande des chevaliers, et des citoyens de Dinant et de Fosse.-  Hugo de Florennes, qui possède beaucoup de terres à Liège, Namur,Hainaut, Flandres.- Arnold de Morialmé , seigneur de Fosse-la-ville, n'est pas très ami des Liègeois ni avec les curés, mais c'est un grand militaire qui aime la bataille. - Hendrik le provost de Notre Dame de Maastricht, entouré de quelques fidèles, prêts à une croisade contre le mal incarné par ce duc excommunié.
Guillaume de Pietershelm, Otto von Born, Herman van Elslo, Guillaume van Rekem,Godefroid le Lion, Rase de Kortessem,Willem van Gothem,Walthère de Millen,Diederik van Loon, Lambert de Duras, Marin de Corswarem, et beaucoup d'autres chevaliers, sans oublier Lambert de Huy, et Anselme de Fléron qui perdra la vie durant le combat.
De nombreux seigneurs de la Hesbaye, dont les puissants Dommartin, ne participent pas  parceque 150  d'entre-eux sont en Flandre pour la guerre contre la France. D'autres sont trop âgés ou préfèrent protéger la moisson entassée dans les granges de leurs fermes et chateaux.

LIEGE  =  700/800  chevaliers   et  3000/4000 infanteristes.

LE BRABANT ETAIT REPRESENTE  PAR :

Il faut distinguer les chevaliers  qui étaient très mobiles, ce qu'expliquent leurs mouvements durant les journées
avant la bataille, et venant derrière ces hommes et ces chevaux, des bandes de piètons, mal armées, ne faisaient rien de bon en route. Cette armée était surtout peuplée par des habitants de Leuven et de Lier. Des mercenaires de toutes les nationalités faisaient partie des troupes du Duc du Brabant.-Guillaume de Perwez , demi-frère du duc Henri I. -Henri de Huldenberg , conseiller du duc Henri I. Il était habillé comme le chef suprème pour faire croire que c'était lui le terrible Henri Le Guerroyeur.- Guillaume Longue Epée et Thibaut de Bar, Comte de Clève, des chefs de mercenaires.
BRABANT  =   400/500  chevaliers  et 3000/4000 infanteristes. 
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Pics, lances, épées, couteaux, masses ( goedendags fabriqués par leurs amis de Flandre),cognées de bucherons , lourdes haches des abattoirs'Ardenne, casque  et cottes de mailles, voilà l'équipement dont disposaient les Liègeois. Ils ne portaient pas de boucliers, et on ne signale pas la présence d'arcs .

Les deux armées se regardant de près au pied de la colline de Steppes, les minutes s'égrènaient lentement tandisqu'un soleil pâle se levait. Les Limbourgeois, les Liègeois, les Hutois et les Dinantais, voyaient dans leurs rangs passer de nombreux moines et prêtres qui bénissaient, distribuaient des communions, entendaient des confessions  et ni plus ni moins que le Prince-Evêque organisait une procession et des prières, transportant vers le champ de bataille une statue de la Sainte Vierge et un reliquaire de l'Abbaye de Saint-Lambert. Dans le silence avant le début des combats mortels si les uns étaient occupés avec des exercices de la foi chrétienne, la plus grande partie des autres, chevaliers et fantassins qui formaient les rangs de Liège, restait concentrée et vigilante en vue de l'affrontement militaire. Cela amusait l'armée du Brabant. Ces mécréants espèraient qu'avant le combat déjà la peur allait pousser les milices communales à prendre la fuite, car ils étaient trop jeunes et sans expérience. S'ils faisaient appel à des réligieux à cette heure-là , il était clair qu'ils pensaient déjà que la fin de leur vie terrestre était arrivée. Pour énerver ceux qui étaient en bas de la colline ceux qui étaient plus haut criaient des injures et des grossièretés. Il y en avait aussi qui employant leurs épées comme leviers bombardaient les lignes opposées avec des déchets, de la terre, des excréments d'humains et d'animaux, des fruits et des objets volés le jour précédent.  La tension était montée. La violence devait éclater. Le Bon Dieu qui voyait tout cela avait pitié des morituri, et le Diable ricanait tout en ouvrant déjà les portes de son enfer où les mécréants étaient attendus .

Soudain le ( faux) Duc du Brabant mit feu à la bataille en galoppant en armure flamboyante sur son cheval blindé en direction de ses ennemis. Pas plus d'une seconde après déjà le Comte de Looz cria Loon, Loon, Loon, ... le terrible cri de guerre des Limbourgeois. Cette réaction immédiate à fait échouer le plan des chefs Brabançons, car ceux-ci avait prévu une perçée fulgurante qui aurait dû massacrer Louis II Comte de Looz  dès début du combat. Dans ce but cinq mercenaires d'une force physique énorme avaient attaqué le flanc droit des Liègeois. Mais bienque face à ce terrible escadre de la mort pointé spécialement sur lui et dirigé par le vrai Duc du Brabant camouflé en seigneur de moindre importance, le Comte de Looz se retrouva sur le sol rapidement tandis que toute la pression des attaquants écasait sa position sur le flanc gauche du champ de bataille. De justesse, il fut sauvé par la souplesse et le courage des jeunes seigneurs qui étaient autour de lui et qui tous risquérent leur vie pour le protéger, pour le remettre sur un autre cheval. Un bon mouvement des chevaliers de Didier de Walcourt coupa rapidement l'ensemble des belligérants ennemis en deux parties séparées. Il est certain que ce furent des chefs habiles qui allèrent remporter la victoire, des meneurs d'hommes qui ont su calmer les uns et faire combattre les autres au bon endroit et au bon moment. 

Le fait que des nuages ont empêché les Brabançons de profiter d'une bonne visibilité, que leurs chevaliers en panique ont écrasé certains de leurs auxiliaires à pied, qu'ils ont laissé passer en se retrouvant encerclés des adversaires qui parlaient la même langue qu'eux, et d'autres points néfastes pour ceux qui allaient perdre, sont des bonnes causes qui décidèrent qu'en moins de trois heures la VICTOIRE DE LIEGE était certaine. A 15 heures dèja sur La Place Saint Lambert le moine Jonatos informa toute la cité  . De suite, la joie y était indescriptible. Dans toutes les églises et chapelles les cloches, pourtant silencieuses depuis mai 1212, étaient sonnées au maximum pour informer les populations de l'évènement extra-ordinaire, et le  'Te Deum ' était chanté en de nombreux endroits pour remercier le Bon Dieu ...  !
Effectivement cela ne c'était pas encore vu alors que des citoyens amateurs avaient eu tellement de courage et d'ardeur qu'ils avaient écrasé une armée féodale de mercenaires professionels. Toutefois dans leur joie les Liègeois ont minimisé sans doute les mérites de leurs alliés qui avaient accompli du travail menant à la victoire sur leurs deux flancs .
Que ce soit dans les chroniques célèbres et sérieuses, comme DE TRIUMPHE SANCTI LAMBERTI  IN STEPPES  de Renier, prieur des Bénédictins de Saint-Lambert, ou dans les simples récits populaires racontés depuis 27 générations de père en fils  (ceux qui avaient formé la population de la Principauté de Liège ) , ou aussi ailleurs encore pour ceux qui insistent et cherchent , il est possible de trouver d'autres faits concernant le dimanche 13 octobre 1213  et les dix jours qui suivirent.

Ainsi, certains mercenaires Brabançons se seraient entretués au moment de fuire avec du butin rassemblé le jour précédent ... !  D'autres, des régionaux, des aventuriers, des mendiants, des voleurs et des valets, trainaient comme des vautours dans les parages, sans faire partie d'une des deux armées, mais dès que la victoire souriait aux Liègeois comme des braves ils se mirent à se salir les mains inutilement avec le sang des Brabançons. Si la cavalerie du Brabant avait par deux fois renversé et blessé leurs propres hommes à pied, il avait été vrai aussi que des Hutois avaient tué des alliés Limbourgeois parcequ'ils parlaient une langue proche de celle qu'on parlait à Louvain, et pourtant les eaux du Geer coulaient dèjà vers la Meuse en ce temps-là !   Ils combattaient ensemble mais ils ne se connaissaient pas assez bien !

Mais j'ai rencontré quelque part ceci et ce ne fut pas sans conséquence. Henri III , noble Limbourgeois de mauvaise réputation avait deserté parcequ'en fait à cause de son mariage il ne pouvait faire partie d'un des deux camps. Ce chef en fuite rencontre vers l'heure de midi une trentaine de cavaliers encore frais qui viennent de la forteresse de Brustem , des hommes d'armes qui arrivent de territoires situés de nos jours hors de la Belgique et ce pour renforcer encore l'armée du Comte de Looz. Ces hommes ayant raté le début de la bataille sont friants de savoir ce qui se passe à Steppes. Le seigneur déserteur explique que les Liègeois sont dans de très mauvais papiers et leur conseille de rentrer à Brustem, endroit calme et sans risque, car ainsi son oncle Duc du Brabant resterait encore leur ami, ce qui serait bien plus intelligent que d'aller mourir pour une cause perdue tard dans l'après-midi  d'un triste jour d'automne ...   ! 
Ces trente cavaliers venus de loin font demi-tour et attendent à Brustem, où vers 23h00 ils se rendent compte qu'ils ont été trompés car ce menteur de Henri III qui était un fils d'une soeur d'Henri I du Brabant . Aussitôt ils remettent le cap sur Montenaeken et y rejoignent encore dans la nuit ceux qui  épuisés, blessés, en désordre, couverts de joie et de gloire, s'enivrent en chantant des chants de victoire . Mais quand le lundi se pointe les Liègeois et leurs amis auxiliatores, ayant satisfait leur besoins de manger, de boire, de dormir,  s'organisent à nouveau et s'occupent des blessés, des prisonniers, des cadavres. Le prix payé pour l'immense victoire était lourd : 27 chevaliers et plus de 300 combattants à pied sont morts.
Les Brabançons ont reculé sur Avernas et Hannut, vers l'Ouest et le Sud-Ouest, en fuite et en désordre, mais ils ne sont pas encore bien loin. Les traces de la fuite de leur cavalerie se retrouvent à Grand-Hallet, Chapeauveaux, Tirlemont, et sur la vieille chaussée de Nivelles. Toutefois il est déjà clair qu' ils ne vont pas revenir dans les arènes pour une seconde mi-temps, comme s'il y aurait eu match Standard - Anderlecht  !

(Selon de Gerlache) - Le lendemain de bonne heure ils atteignirent les terres du Brabant et rendirent avec usure aux malheureux habitants de cette contrée toutes les horreurs de la guerre que le duc avait fait peser sur leur pays. Ils pillèrent et brûlèrent Hannut et la forteresse de Leeuwes; puis, pendant dix jours de suite, et sans rencontrer aucune résistance, ils dévastèrent une quantité de bourgs et de villages, tant du Brabant wallon que du Brabant flamand.


La Bataille de Steppes était terminée le dimanche soir . La sainte victoire triomphale que Dieu,  Saint-Lambert, et selon certaines légendes aussi Saint Odile,  prirent des Brabançons en la Warde de Steppes , pour la vengeance des Liègeois, fut tellement signifiante qu'elle a écarté un ennemi traditionnel pour toujours et qu'elle a rendu un peuple fier et libre pendant des siècles. A partir de la victoire de Steppes les habitants et les chefs de cette ville libre n'avaient plus peur de personne  !
Vu le rôle important donné à Hugues de Pierrepont lors de cette bataille à la Custodia , au poste de garde du Pays de Liège, la suite et le souvenir ont donné lieu à des processions, à des pélerinages, à une journée de fête à Liège, au respect des Teutons de l'énorme Empire Germanique pour la vieille cité sur la Meuse. Tout cela est une longue et belle histoire qui va jusqu'en 1795, et une histoire qui nous raconte aussi les conflicts internes qui opposaient à Liège éternellement les bourgeois, les ouvriers, et les religieux. 

Le lundi 14 octobre 1213 les trente jeunes chevaliers qui étaient venus en retard et quelques autres militaires de rang moyen se remettent en route à la chasse des Brabançons . Ils sont très mobiles sur leurs chevaux et rencontrent bientôt des groupes de battus. Ceux-ci n'opposent que peu de résistance, laissent tomber armes et autres biens et se rendent acceptant déshonneur et défaite. Cette première vague de l'armée du lundi se retrouve en soirée en la forteresse de Hannut ( alors Brabant) qui laisse la porte ouverte. A Hannut hommes d'armes et civils prétendent qu'ils sont des amis. C'est pourquoi d'ailleurs que les chevaliers et certains fantassins Liègeois y passent la nuit, après avoir bien mangé et bien bu comme à chaque fois qu'une armée passait par ce carrefour en Hesbaye . Le jour suivant les trente chevaliers continuent leur nettoyage et leur poursuite, ce pour bien finir comme d'excellents professionnels une guerre ancienne qui est en fait le combat pour la conquète de la grande voie commerciale qui mène de Bruges à Cologne en passant par Maastricht.
Entretemps des bandes de Liègeois, appartenant à la milice de la cité, des jeunes costauds équipés avec leurs lourdes haches de boucher forment une deuxième vague qui se déploit dans la campagne. Ces hommes ne se contrôlent plus et sont sans chefs. Ils se souviennent trop bien encore des horreurs de mai 1212 lorsque Brabançons avaient pillé leur ville, incendié leurs maisons, violé et tué leurs femmes, leurs soeurs et leurs filles. Ils n'ont qu'un seul but  : LA VENGEANCE  SANS LIMITE !
Si dans les récits transmis jusqu'à nous par les moines, le Saint Esprit lui-même sous la forme d'une colombe blanche avait visité Steppes lors des moments historiques   et que dans les couvents de Liège, de Saint Trond, de Les Waleffes, les bonnes soeurs avaient prié beaucoup , ... le comportement de ces solides fils de bouchers à la hache lourde est compréhensible mais pas très chrétien . Cette deuxième vague se conduit comme tous les autres qui avant et après se rendirent coupables de crimes et d'horreurs en temps de guerre. Mais il est très difficile à accepter que,  même dans les vertes campagnes que l'on aime tant, que de telles atrocités se soient passées. La deuxième vague , 89 années avant Les Matines Brugeoises, va se venger à fond du Sac de Liège de 17 mois auparavant. Habitués de voir du sang dans les abattoirs ces Liègeois et autres de la même profession  se mettent à couper les pieds, les mains, les langues, les oreilles, les organes sexuels, de tous ceux qui ressemblent à des Brabançons coupables . 
Une des raisons qui va faire s'enflammer l'horreur est que des habitants de Hannut se sont emparés de chariots qui venaient de Huy et qui étaient chargés avec tout le ravitaillement des troupes alliés. Cela fit de façon inattendue de Hannut une forteresse ennemie et traitre qui pour le jeu de cette guerre sera détruite encore ce même jour-là.  
Mais c'est la cause aussi que les folles horreurs vont grandir et frapper tout l'Est du Brabant, avec la destruction de Hoegaerden, Landen, Zoutleeuw, et 28 autres hameaux, fermes et villages. Une troisième vague destructrice va en même temps passer.  Il s'agit de non-combattants de Montenaeken qui viennent nettoyer les champs et y ramassant armes, vêtements, chaussures et cuirs, armures, boissons, vidanges, nourritures, objets de valeur, meubles pillés ailleurs et abandonnés par ceux qui étaient en fuite. Ces mêmes personnes n'avaient pas peur de sortir leurs couteaux  pour obtenir ce qu'elles voulaient. Ensuite par le soin de moines et d'hommes chrétiens les morts inconnus seront rassemblés et entérrés en fosse commune.  Le récit est terrifiant . Souvent nus et mutilés, les cadavres attirent loups et chiens sauvages. Des membres de leur famille, des amis, des compagnons d'armes, retournent les morts connus vers leurs paroisses où en terre sacrée ils sont enterrés . Des chroniqueurs ont chiffré le nombre de ces cadavres entre 800 et 2000 . 
Une quatrième vague de partisans de la victoire et de profiteurs se mit en route à partir de Saint-Trond, de Brustem, et même de Huy. Des commerçants et artisans allaient chercher comme butin de guerre tout ce que leurs concurrents de Zoutleeuw possédaient, alors que leurs milices communales n'avaient pas été opposées en combat militaire à Steppes. Zoutleeuw,  ville où le commerce international était très florissant , transformée en ruïnes suite à une incendie, devint cette semaine-là une ville martyre à cause de la jalousie  de ses concurrents commerciaux.Comme il était écrit dans la Bible beaucoup se prenaient pour les bons Juifs qui avaient pu avec la permission divine massacrer la race maudite des Amalecites .

Le Comte de Flandre, Ferrand de Portugal, allié de Liège en octobre 1213, constate que les français qui ont pris connaissance de la situation  en Hesbaye, ne sont plus très motivés .C'est pourquoi dès la fin de la semaine il commande à une partie de ses hommes de traverser le Hainaut pour menacer Henri le Guerroyeur dans ses territoires les plus à l'Ouest. Le dimanche 20 octobre 1213  le puissant Duc Henri est etranglé par les deux fronts contre lui, et il doit accepter la défaite.Humblement il demande qu'on lui prépare les conditions pour la paix. Il se présente à Liège le 28 février 1214  pour en prendre possession. Entretemps comme garantie ses fils Henri et Godefroid sont pris en otage et gardés par le Comte des Flandres. Pour les Sac de Liège de 1212 , l'énorme somme  de 15.000 marks est fixée comme amende. Le duc est fauché  et c'est seulement 29 août 1227 que par un paiement de 27.100  livres il pourra rembourser en principal et intérêts . Ses deux fils retrouvèrent déjà la liberté après la belle victoire du Roi de France à la Bataille de Bouvines le 27 juillet 1214 ( échange de prisonniers). Une serie de places fortifiées séparera bientôt la Principauté de Liège du Brabant , et une paix de longue durée a suivi .

Le 23 octobre 1212, Liègeois, Limbourgeois, Hutois, Flamands et autres alliés, à pied ou à cheval , retournent tous chez eux. Ainsi ils permettent aux habitants des villes et villages du Brabant de retrouver une vie normale et de  reconstruire ce qui avait été détruit. 

Le Prince-Evêque Hughes de Pierrepont était le chef des vainqueurs . Sa gloire fut de courte durée . Rapidement il a des différends avec les chanoines de Saint Lambert qui lui reprochent qu'il avait été bien trop gentil  avec ceux du Brabant.  Beaucoup d'argent et d'or était passé entre ses mains, mais sa comptabilité n'était pas très en ordre. Sa popularité diminua rapidement . Il fut écarté de son poste. Cet homme important, héros parmi les héros de Steps, est parti en pélerinage à Saint-Jacques de Compostelle , où effectivement il était noté comme un pélerin des plus importants  ayant accompli  le long chemin bénéfique depuis Liège.


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Sur un théatre plus modeste mais non moins intéressant , avec cent ans presque d'avance , les journées  de guerre féodale décrites annoncent déjà cettte Bataille de Courtrai  de 1302. Elle est semblable mais quotée plus importante par nos historiens officiels. Mais, le gamin de Houtain- l'Evêque que j'étais et que je suis resté continue à croire qu' à   'Hachez-Bouchers'  le sang avait coulé bien plus qu' à Groeninghe.  Tout en respectant la dévotion populaire de nos ancètres , je ne prétends pas comme les abbés Boonen et Kaudt de Montenaeken au XIXe siècle ou d'autres clercs et moines auparavant, ont écrit ou publié que la Saint Vierge aurait été présente lors d'un miracle pendant les combats meurtriers à Steppes en ce lointain  dimanche 13 octobre 1213.
Je certifie cependant qu'une procession en groupe vers Steppes, avec les gens d'un même village à travers les champs, les chemins de terre profonds, entre les cérisiers, de chapelle en chapelle, ont jadis fait la joie et la foi de beaucoup de personnes dans cette région.  Que ce fut au mois vert de mai ou au mois brun-jaune d'octobre, la tarte était bonne à Montenaeken. L'église, la place du marché et les cafés y étaient remplis. En ajoutant que les filles étaient belles, et que l'après-midi il y avait course cycliste et sortie de la fanfare, je ne dois pas vous expliquer plus, qu' à pied ou à bicyclette je suis allé souvent en pélerinage à  Notre Dame de Steps.  .
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Geschreven door Papoum om 00:00 Reageer op dit bericht

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