Nous ne sommes plus seulement des « machines désirantes » (comme l’écrivait Gilles Deleuze) mais aussi désormais des « machines pensantes », des ordinateurs sur pattes mais faits de chair et de sang. Nous sommes désormais « de la viande » comme le dit Graham Hancock dans la vidéo donnée plus haut. Exit la spiritualité, fini le Bouddhisme, terminé la transcendance. Les NDE ? Des Hallucinations. Les expériences shamaniques ? Un dérèglement du cerveau. La vie de l’esprit ? Une computation, etc.
Philippe Guillemant a tout à fait raison d’écrire que cette voie nous conduit tout droit au transhumanisme, forme d’étape ultime de l’asservissement de l’homme par le matérialisme scientifique qui règne en maître et sans partage depuis la fin du XIXe siècle. Ce matérialisme est à la Connaissance ce que le matérialisme dialectique fut à l’action et à la politique : un totalitarisme et une source d’oppression. Il a « désenchanté » le monde, en le vidant de toute spiritualité, de tout sens, de toute liberté.
J’ose à peine imaginer la tête d’un Stanislas Dehaene, couvert d’honneurs et de toutes les distinctions officielles qu’on peut imaginer depuis 1999, si on lui signalait que certains essaient de réenchanter le monde à partir de l’étude du phénomène OVNI. Il se gondolerait de rire, avec toute la suffisance qui est celle de la science matérialiste officielle, oublieuse du fait que ses principaux pères fondateurs, Descartes, Leibniz, Newton, étaient tous dualistes et donc spiritualistes.
II. Les trois axes
Désormais c’est sur le terrain des neurosciences que la recherche ufologique doit se développer, si tant est qu’il y ait eu jusqu’à présent une recherche ufologique digne de ce nom, je veux dire, une recherche doté d’un cadre théorique cohérent capable de produire des modèles d’explication précis. La physique de l’information et de la conscience n’est qu’une promesse, mais elle pourrait en fournir un, le plus puissant et, à mes yeux, le plus satisfaisant jamais proposé. Si la conscience était « naturalisée » et annexée par le matérialisme scientifique, ce cadre tomberait de lui-même, et le psycho-réductionnisme des sceptiques deviendrait un neuro-réductionnisme. L’enjeu est là, et il nous permet de distinguer désormais trois axes bien différents en ce qui concerne la question des OVNIS :
1. L’axe exobiologique, qui rejette la réalité du phénomène OVNI et se concentre sur la recherche d’exoplanètes habitées et l’écoute de signaux intelligents (programme SETI). Cette recherche subit le fameux « paradoxe » de Fermi (silence radio sur toute la ligne) et, selon moi, ils vont pouvoir attendre longtemps un signal.
2. L’axe « ufologie interplanétaire » (aussi appelée « tôle et boulon ») qui repose sur une méconnaissance de l’étrangeté du phénomène et sur la variété de ses manifestations (polymorphisme). Cette méconnaissance est due au phénomène lui-même qui, comme l’écrivait Carl Jung, entretient un « mythe moderne », celui du vaisseau spatial venant nous visiter d’outre-espace. Cette voie est bouchée car elle tombe « dans le panneau » du simulacre, qui sollicite et flatte notre rêve de conquête spatiale par la technologie.
3. L’axe d’une ufologie spiritualiste, qui est celui que je défends, dans la lignée d’auteurs comme Keel ou Aimé Michel, qui avaient compris, sans être eux-mêmes compris car trop en avance, que le phénomène nous met devant les yeux nos propres fantasmes (monstres, cryptides) et nos propres rêves (merveilleuses soucoupes, êtres angéliques, etc.). Ces auteurs avaient compris que nous poursuivons nos propres chimères mais que derrière ce théâtre d’ombres, se révèle un univers des consciences, une noosphère, l’univers réel, où toute communication et toute matérialisation utilise le canal de la conscience et le jeu sur l’information. On comprend pourquoi il devient dès lors stratégique pour les sceptiques de couper court aux recherches sur la conscience en affirmant que seule la matière existe et que la conscience n’existe pas.
III. Conclusion
Pour terminer je voudrais revenir sur ces deux personnalités : Hancock et Dehaene. L’un parle de notre liberté, l’autre formalise notre asservissement. Le premier est banni des TedX, le second est couvert d’honneurs. La statue de la connaissance humaine, qui a la tête a l’envers, aura décidément bien du mal à être remise à l’endroit. Et pourtant, quand nous serons des milliers, des millions à dire et à penser comme Graham Hancock, dans la vidéo signalée en ce début de cet article, nous commencerons à mettre fin à l'imposture du matérialisme scientifique et un palier de conscience aura été franchi.
Philippe Solal