L'armée américaine enterre les ovnis
L'armée américaine enterre les ovnis
Fin d'une controverse La CIA a déclassifié un rapport mettant en cause des activités militaires là où de nombreux Américains avaient cru voir des vaisseaux extra-terrestres.
Pas de bol pour les soucoupes: selon un rapport confidentiel récemment déclassifié par la CIA, la mythique zone 51 n'était en fait consacrée qu'au test de nouveaux avions d'espionnage, les U-2. Rien à voir avec l'histoire du crash de Roswell telle que racontée par les tenants d'une théorie du complot, donc. Les petits hommes verts, en fait pilotes de l'armée de l'air, n'auraient rien d'extraterrestre.
Le rapport de la CIA déclassifié en 2013, également consultable en PDF à cette adresse.
Le document révèle un effet de bord inattendu à l'époque par l'armée américaine. Les témoignages de civils affirmant avoir vu des objets volants non identifiés (Ovnis) se sont en effet multipliés dans le courant des années 50. Le rapport explique pourquoi: les U-2 volaient à une altitude inhabituellement élevée pour les avions de l'époque, les rendant particulièrement repérables. Les ailes de l'appareil, conçues avec une orientation propre à refléter la lumière du soleil, rendaient en outre les U-2 particulièrement lumineux, même en pleine nuit. De quoi élucider le nombre de mystérieux phénomènes aériens alors enregistrés.
Pourtant, pendant des années, l'US Air Force a enquêté sur les phénomènes ovnis. A travers le projet Blue Book, ce sont des milliers d'observations inexpliquées qui ont été recensées de 1940 à 1960. L'américain John Greenwald, passionné d'ufologie, en a publié la liste sur son site internet Theblackvault.com. Le projet Blue Book a finalement été abandonné en 1985, l'aviation américaine concluant que ces objets non identifiés n'étaient ni «une menace pour la sécurité américaine» ni «des vaisseaux extraterrestres». 95 % des phénomènes observés ont ainsi pu être expliqués.
Un zeste de «zététique»
Pourtant la frénésie ovni s'est largement emparée de la culture populaire. Partout dans le monde, les initiatives fleurissent pour enregistrer les témoignages civils. En France par exemple, le Centre national d'études spatiales (CNES) a mis en place un Groupe d'études et d'information sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés (Geipan) afin d'en faire l'inventaire. Mais avec quel suivi, quels démentis?
Les années 90 voient l'émergence de la «zététique», ou étymologiquement, «science du doute». Une discipline scientifique nouvelle visant à «l'étude rationnelle des phénomènes présentés comme paranormaux», laquelle fournit des outils de choix pour appréhender l'inexpliqué. «Des zététiciens ont mené une contre-enquête sur les observations collectées par le Geipan», explique Florent Martin, de l'Observatoire Zététique, association française. «La thèse d'une origine extraterrestre de ces manifestations a été écartée à la faveur d'explications plus rationnelles.» Leurs conclusions sont accessibles en ligne.
Confronté à l'inexplicable, comment ne pas se laisser piéger par ses sens? «Face à plusieurs hypothèses explicatives, le plus raisonnable est de privilégier la plus simple. C'est ce qu'on appelle en philosophie le rasoir d'Ockam.» Il ajoute qu'il convient de «préférer les hypothèses naturelles. Le réflexe à avoir, c'est de noter où, quand, et dans quelle direction s'est produit le phénomène». C'est en effet la fiabilité des informations collectées qui permet ensuite de leur apporter une explication rationnelle. «Pour évaluer correctement ses dimensions, on peut par exemple, le bras tendu, comparer la taille de l'objet avec celle de son pouce», conclut le chercheur. De quoi vérifier après coup si une soucoupe volante en était vraiment une. (TDG)
(Créé: 22.01.2015, 17h12)


































