Le X-37B qui avait été mis en orbite depuis Cape Canaveral, le 11 décembre 2012, s’est reposé, par ses propres moyens, le 22 octobre 2014, sur la piste de la base aérienne Vandenberg de l’US Air Force. Il est ainsi resté 674 jours, soit presque deux années, en orbite autour de la Terre. C’était sa troisième mission. La première a eu lieu d’avril à décembre 2010 (224 jours) et la deuxième, de mars 2011 à juin 2012 (468 jours). A lui seul et en seulement trois missions, cet intrigant engin spatial réutilisable totalise plus de jours dans l’espace que les navettes spatiales, Discovery, Challenger et Columbia, en 135 missions…
Le X-37B se pose comme un avion après près de deux années en orbite au tour de la Terre
© Boeing
L’US Air Force présente le X-37B comme un véhicule orbital de tests qui doit déboucher sur un engin autonome et réutilisable. Autrement dit, il s’agit d’une mini-navette sans pilote à bord, ni équipage, capable de rester plusieurs mois en orbite. L’engin qui est construit par Boeing BOEING Premier groupe industriel aéronautique et spatial au monde. Constructeur d’avions de lignes et d’avions d’arme, est également présent sur les marché de l’espace et de la sécurité. 170.000 salariés. et opérée par l’US Air Force, doit pouvoir rester plusieurs mois en orbite. Il l’a démontré à trois reprises.
Le X-37B a une masse de 5 tonnes environ. Il se présente sous la forme d’un véhicule ailé automatique de type « Lifting Body » mis sur orbite par un lanceur classique et récupérable comme un avion, sur une piste conventionnelle. L’US Air Force explique qu’en orbite, l’appareil déploie des panneaux solaires et navigue pendant des mois dans l’espace avant de venir se reposer sur Terre, comme un avion, tout simplement.
Officiellement, les militaires américains affirment que ce véhicule muni d’une soute, est destiné à tester de nouvelles techniques spatiales, des charges utiles, des matériaux et la rentrée dans l’atmosphère.
Le X-37B a déjà effectué trois missions autour de la Terre depuis 2010
© Boeing
Ces explications ne peuvent que laisser songeur les observateurs dans la mesure où ces techniques ont été largement mises au point lors de plusieurs programmes de recherche dont le point culminant fut la mise en service puis l’exploitation des navettes spatiales habitées au cours de 135 missions. Les Etats-Unis souhaitent aussi conserver un savoir-faire spatial que le retrait des « space shuttles » a mis en péril.
En fait, le potentiel du X-37B est plus qu’un trait d’union entre deux programmes. Il pourrait se révéler être tout simplement un engin spatial espion. En effet, depuis le retrait du service de ses avions largement supersoniques SR71 Blackbird, l’Oncle Sam se fie à ses U2 vieillissants, ses drones HALE pas encore tout à fait au point et à une flotte hors de prix de satellites en tous genres. Or, les drones peuvent être détectés et abattus, les avions espions aussi, et les satellites ont une trajectoire prévisible donc ils peuvent être leurrés par des techniques de camouflage, de déception ou de brouillage.
Dans ce contexte, le X-37B qui peut être lancé à volonté sur des orbites variées offre la souplesse d’emploi d’un avion capable d’évoluer hors de portée des missiles sol-air des pays survolés. Il possède les performances d’observation d’un satellite. Mieux, cet engin réutilisable est reconfigurable en fonction des besoins ; en cas de panne de la charge utile (observation radar, optique ou écoute électronique) il suffit de récupérer l’engin, de procéder aux réparations et de le remettre en orbite basse ou moyenne. Engin espion peut-être, mais l’une des applications les plus vraisemblables du X-37B serait la lutte anti-satellites.
En effet, toutes les nations modernes possèdent des armées équipées, avec des effecteurs redoutables, tels que des chars, des drones, des forces spéciales, des navires des avions, des hélicoptères… (la liste est loin d’être exhaustive). L’efficacité de ces moyens est basée sur la supériorité de l’information. En clair, le vainqueur d’un combat moderne est celui qui dispose de la vision la plus claire de la situation militaire et qui est capable de coordonner ses unités le plus rapidement et le plus judicieusement. Les militaires parlent de la chaine C4ISR (Computerized Command Control Communication Intelligence Surveillance Reconnaissance).
Le X-37B, un programme militaire sans doute plus ambitieux que ne veulent bien le dire Boeing et surtout l’US Air Force© Boeing
Cette chaine, qui constitue les yeux et les oreilles de toute nation moderne, est le garant de la réussite des opérations militaires. Elle repose sur un ensemble de moyens de communications dont la plupart est située dans l’espace, ce sont les fameux satellites d’observation et de relais radio. Détruisez les satellites qu’utilise votre adversaire, et vous aurez les clés de la victoire sur un ennemi désormais sourd, aveugle, incapable de coordonner ses actions.
Dès lors, le X-37B, un engin spatial militaire automatisé à longue endurance, capable de mettre en œuvre des charges utiles de brouillage, des armes électromagnétiques ou laser dans l’espace prend tout son sens. La guerre de l’espace a commencé.
Aerobuzz.fr


Metallic UFO Found On Mars












































