"Au cours de ces derniers jours, des drones ont été détectés à proximité du site de l'Ile Longue", a indiqué la préfecture maritime de l'Atlantique dans un communiqué. "Ces vols de drones n'ont pas présenté de menace caractérisée sur la sûreté des installations".
L'Ile-Longue, sur la presqu'île de Crozon, abrite les quatre sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) de la force océanique stratégique (FOST) : le Triomphant, le Téméraire, le Vigilant et le Terrible, mis en service entre 1997 et 2010 et équipés de missiles balistiques intercontinentaux. Au moins un SNLE est en permanence à la mer et deux sont opérationnels à tout moment.
La zone est strictement interdite.
Ces vols se sont produits "dans la nuit du 26 au 27 et le 27", a précisé le porte-parole de la préfecture maritime, le capitaine de corvette Lionel Delort, indiquant cependant ne disposer "d'aucune preuve tangible" dans la mesure où les drones n'ont pas été retrouvés.
Une réaction immédiate
C'est le dispositif et les équipes de protection du site qui ont fait état de l'irruption de ces drones dans le périmètre de sécurité entourant la base, périmètre couvrant quasiment la presqu'île de Crozon.
"Ces détections ont été immédiatement traitées en mobilisant les moyens et les équipes de réaction prévus dans ce cas de figure", précise la préfecture maritime.
Le Télégramme rapporte que le survol de mardi s'est produit au moment où un SNLE devait réaliser des mouvements, ce qui a provoqué "un impressionnant déploiement de forces", comme l'a décrit un voisin de la base.
Le capitaine de corvette Lionel Delort a cependant assuré qu'un SNLE avait bien réalisé "un mouvement" mais seulement mercredi matin et qu'au moment des survols il n'y avait aucun sous-marin dans la rade.
Selon le quotidien, le vol a probablement été programmé, un vol à vue semblant exclu dans cette zone. Il a donc pu être lancé de plus loin avec un minimum de préparation.
Tout survol avéré de drone au-dessus d'installations militaires fait l'objet d'une procédure judiciaire pour déterminer la nature et l'origine du survol et poursuivre leurs auteurs, compte tenu de la nature illégale de ces activités, souligne la préfecture, qui assure que le "dispositif de surveillance et de protection des sites de la Marine permet de garantir leur sécurité et prend bien en compte les potentialités ouvertes par les nouvelles technologies".
Un problème récurrent
Une vingtaine de vols de drones ont été observés ces derniers mois en France aux abords de sites nucléaires, dont les auteurs n'ont pas été identifiés. Un drone avait aussi survolé l'Élysée mi-janvier, dans la même période où Greenpeace avait appelé le gouvernement à élargir les missions de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), jugeant la France "très mal outillée" pour répondre à d'éventuelles agressions extérieures contre son parc nucléaire.
La loi de 2006 a confié à l'ASN une mission de sûreté, qui implique contrôle et suivi des installations et de leurs risques de défaillances. En revanche la sécurité, notamment les agressions extérieures, ne rentre pas dans son mandat.
L'origine des aéronefs suspects, pour la plupart des drones, reste mystérieuse.


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