Mystérieux sursauts radios intergalactiques observés à Parkes - MAJ 07-05-2014

Des astronomes ont fait une étrange découverte dans les archives du radiotélescope de l’Observatoire de Parkes, en Australie. Comme l’explique Discovery News, ils ont d’abord repéré un signal radio très puissant de quelques millisecondes, puis trois autres signaux d’une puissance similaires. Contrairement à la plupart des signaux radio cosmiques provenant de la Voie lactée observés jusqu’à présent, ces quatre-là semblent venir de l’extérieur de notre galaxie, à plusieurs millions d’années-lumières de distance.
En une poignée de millisecondes à peine, chacun de ces signaux libère l’équivalent de l’énergie émise par le Soleil en 300.000 ans. Les explications avancées sont nombreuses, incluant notamment la collision d’étoiles à neutrons dotées de champs magnétiques super puissants; l’évaporation de trous noirs; des sursauts de rayons gammas associés à des supernovas.
Néanmoins, aucun rayon gamma lié à ces signaux n’ayant été détecté, les astronomes ont exclu ces explications les unes après les autres. Il s’agirait donc, comme le suggère l’astronome James Cordes dans son article publié dans le magazine Science, d’un phénomène astrophysique à haute énergie totalement inédit.
Pourtant, un signal comparable avait déjà été observé en 2007 par l’équipe de Duncan Lorimer. A l’époque, il avait semblé tellement puissant que le logiciel avait exclu qu’il puisse être d’origine astrophysique et l’avait partiellement supprimé de la base de données. Certains sursauts radios de 1989 ont également été évoqués comme potentiellement similaires. On n’avait alors pas été capable d’identifier ces phénomènes. Aujourd’hui, on les observe de nouveau, mais ils restent tout aussi mystérieux.

En consultant des données collectées dans les longueurs d'onde radio du Petit Nuage de Magellan (galaxie naine dans le voisinage de la Voie lactée), l'astrophysicien Duncan Lorimer a identifié pour la première fois en 2007 un sursaut radio de moins de cinq millisecondes. Leur galaxie hôte et leur origine demeurent inconnus. © Duncan Lorimer, NRAO, AUI, NSF
The Register associe cet événement à l’annonce de l’université de Nouvelle-Galles du Sud selon laquelle un récent travail sur une naine blanche pourrait permettre de démontrer que les différentes régions de l’univers présentent des lois physiques différentes. Une grosse semaine pour l’astronomie donc, selon le site britannique.
Par Margaux Leridon http://www.slate.fr/life/74949/mysterieux-sursauts-radios-intergalactiques-observes-parkes
MAJ du 07-05-2014 : Cette fois-ci, c'est du sérieux et les sceptiques sont muets : un autre signal a été reçu le 02 novembre 2012 et cette fois-ci par la très officielle antenne d’Aceribo à Porto Rico et les analyses viennent seulement d'être révélées :

Après l’Australie, c’est au tour de Porto Rico de repérer un sursaut Lorimer, ou fast radio burst en anglais, grâce à l’antenne d’Aceribo, à l’image. © Université de Durham
Comme vu ci-dessus, des sursauts radio ultrarapides ont été détectés depuis 2007 par l’Observatoire de Parkes en Australie. Un événement identique s'est produit le 02 novembre 2012, mais a cette fois-ci été detecté par l’antenne d’Aceribo à Porto Rico. Alors qu'il est encore pour l'instant compliqué de déterminer la nature exacte et la distance de leur source, ces multiples confirmations pourraient indiquer une découverte majeure dans le domaine de l'astrophysique, de même nature que les sursaut gammas ou les pulsars. C'est en tout cas ce qu'affirme Shrinivas Kulkarni, chercheur à Caltech, « si la découverte de sursauts radio rapides […] est confirmée par d’autres observatoires, elle serait monumentale, comparable à celle des sursauts gamma, voire des pulsars ».
Le plus récent de ces sursauts radio de 2012 a été nommé FRB 121 102 et est parfaitement comparable aux 6 précédents, tous repérés sur des relevés astronomiques avec le radiotélescope de 64 mètres de diamètre de Parkes, c'est-à dire très rapide, très puissant et unique, sans écho ou répétition.
" Pour tenter de déterminer la distance du phénomène, les astrophysiciens ont cherché à mesurer sa dispersion, c’est-à-dire le délai d’arrivée des émissions radio, lesquelles sont ralenties par des interférences dans le milieu interstellaire comme les vastes nuages de gaz ionisés. Le plus souvent retardées, les plus grandes longueurs d’onde suivent ainsi les autres plus courtes d’une infime fraction de seconde… Aussi, si les interprétations sont justes, il apparaît que l’événement est extérieur à notre Galaxie et distant de plusieurs milliards d’années-lumière. « Mon intuition a toujours été qu’ils sont extragalactiques, témoigne l’auteur de leur découverte. Mais à ce stade, ce n’est rien de plus qu’une hypothèse. » En effet, les chercheurs ne peuvent pas exclure que les nébuleuses de la Voie lactée, dont les électrons font obstacle, soient sous-estimées et que des cas particuliers d’étoiles à neutrons — par exemple les radio rotating transients ou RRT découverts en 2006 — en soient à l’origine.
Plus de théories que de sursauts observés !
Pour l’instant, faute de données, le mystère reste entier. Pour l’éclaircir, les astronomes attendent de surprendre l’un de ces rayonnements fulgurants en direct. Dans l’espoir, entre autres, d’identifier une éventuelle galaxie hôte et pourquoi pas sa source. En attendant, les propositions fusent. « Il y a plus de théories que de sursauts », s’amuse le professeur Lorimer dans son article publié le 10 avril 2014 dernier sur arxiv. Les scientifiques ont donc le choix entre les magnétars, les collisions entre étoiles à neutrons, l’évaporation de trous noirs primordiaux ou encore les blitzars. Ce dernier cas encore jamais observé signerait la formation d’un trou noir par effondrement d’une étoile à neutrons suffisamment massive dont la rotation est relativement lente… Un très bon candidat pour expliquer ces méconnus sursauts radio ultrarapides. "
Extraits de http://www.futura-sciences.com/magazines/espace/infos/actu/d/univers-arecibo-detecte-mysterieux-sursaut-radio-rapide-venu-espace-53599/#xtor=RSS-8
Yves Herbo : il y a aussi une possibilité que ces signaux, ou des similaires, aient déjà été repérés dans les années 1970 et en 2003... :
" Un signal radio extraterrestre a-t-il été capté en 1977 ?

Les données du signal «Wow» Wikimedia Commons
Depuis des décennies, la recherche d'une intelligence extraterrestre via l'interception d'ondes électromagnétiques non naturelles, le fameux programme américain SETI a donné lieu à de nombreuses fausses alertes. Mais certains astrophysiciens sont aujourd'hui convaincus que nous avons déjà trouvés ce que nous cherchons sous la forme du fameux signal «Wow!» capté le 15 août 1977 par le grand radio télescope de l'Université de l'Ohio. Il était trente fois plus fort que le bruit électromagnétique environnant, a duré 72 secondes, et n'a jamais été à nouveau entendu en dépit de tentatives répétées.
Quand le signal a été vu pour la première fois sous la forme de données imprimées, il était si fort que le scientifique Jerry Ehman l'a entouré sur la feuille imprimée et a écrit à l'encre rouge «Wow!» juste à côté. Cette onde semble remplir tous les critères d'une émission radio d'origine extraterrestre, mais comme elle n'a pas pu être entendu à nouveau, les études menées n'ont pas pu confirmer ou infirmer son caractère non naturel.
Comme aucune identification n'a pu être trouvée à cette onde radio, la seule conclusion scientifique solide est que si ce signal provient bien de l'espace profond, ce qui semble être le cas, alors soit il s'agit d'un phénomène astrophysique inconnu, soit d'une émission extraterrestre.
Mais pourquoi ce signal est-il si unique?
D'abord parce qu'il semble artificiel plutôt qu'une émission radio naturelle dans l'espace émise par un pulsar ou un quasar. Le télescope baptisé Grandes Oreilles (Big Ear) de l'Université de l'Ohio travaille simultanément sur 50 gammes d'ondes et le signal n'était que sur une seule fréquence précise avec aucun bruit sur aucune autre gamme d'ondes. Une émission naturelle fait du «bruit» sur plusieurs fréquences.
Le signal «Wow!» était aussi modulé, augmentant et diminuant en intensité pendant les 72 secondes où il a été capté comme on peut l'attendre d'une onde venant de l'espace. Quand le radio télescope est pointé vers le ciel, un tel signal doit gagner en intensité quand il touche plus précisément les paraboles et ensuite baisser quand il s'éloigne. Cela rend l'explication d'un bug informatique moins vraisemblable même si cela ne l'élimine pas totalement.
Et pourquoi pas un satellite? C'est une explication possible, mais elle aurait du se répéter. En outre, l'onde «Wow!» a une fréquence proche de 1420 MHz qui est interdite à toutes les émissions terrestres et réservée aux observations radio astronomiques, c'est d'ailleurs la raison sans doute pour laquelle l'émission a été entendue aussi clairement. Car la bande 1420 MHz a ceci de particulier qu'elle est la fréquence émise par les atomes d'hydrogène dans l'espace. Elle est utilisée par exemple pour faire une carte des galaxies. L'hydrogène étant l'élément le plus simple et le plus abondant dans l'univers, toute civilisation intelligente doit logiquement connaître sa fréquence radio.
Maintenant, le signal «Wow!» pose plus de questions qu'il apporte de réponses. A commencer par savoir d'où il vient. Le radio télescope de l'Université de l'Ohio a déterminé qu'il venait d'une région de l'espace dans la constellation du Sagittaire. Il y a une poignée d'étoiles dans cette région de l'espace mais le radio télescope ne permet pas d'être plus précis. Et cela tant que nous n'entendrons pas une autre émission provenant de cette région de l'espace.
Il n'y aucun moyen aujourd'hui de connaître l'origine du signal «Wow!». Comme l'explique l'astronome Robert Gray : «il s'agit d'un tiraillement sur notre ligne de pêche cosmique. Cela ne prouve pas que vous avez un poisson au bout de la ligne, mais cela suggère que vous laissiez votre ligne dans l'eau et à cet endroit».
Source : http://www.slate.fr/lien/73001/extraterrestre-signal-radio-capte-1977
" Le premier signal radio provenant des extraterrestres ?
En février 2003, les astronomes du programme SETI (Search for Extraterrestrial Intelligence) ont pointé le radio télescope d'Arecibo situé sur l'île de Puerto Rico vers 200 régions du ciel où ils avaient précédemment détecté des signaux radio inexpliqués. Après analyse des résultats de la nouvelle étude, tous les signaux anormaux ont disparu sauf un, qui est devenu encore plus puissant.
Le 17/09/2004 à 15:34 - Par le bureau du CNES de l'Ambassade de France aux Etats-Unis
Ce signal radio qui a désormais été observé à trois reprises est une énigme. Il pourrait avoir été généré par un phénomène astronomique inconnu ou par un artefact du télescope lui-même. Mais c'est aussi le meilleur candidat pour un premier contact avec des extraterrestres, 6 ans après le début du projet SETI@home qui utilise la puissance de calcul d'ordinateurs situés dans le monde entier pour analyser les signaux reçus de l'espace.
Nommé SHGb02+14a, le signal a une fréquence de 1420 MHz, soit l'une des fréquences où l'hydrogène, l'élément le plus répandu dans l'univers, absorbe et émet de l'énergie. Certains astronomes avaient affirmé que ce serait la fréquence que des extraterrestres utiliseraient s'ils voulaient nous contacter. Le signal très faible provient d'un point situé entre les constellations du Poisson et du Bélier où il n'existe aucune étoile à moins de 1000 années lumières.

Le signal Wow se situe dans la constellation du Sagittaire, près du Groupe de Chi Sagittarii. En raison de la conception de l'expérience, l'emplacement du signal peut se trouver dans l'une des deux bandes rouges, et il y a aussi une grande incertitude dans la déclinaison (axe vertical). Pour plus de clarté, les largeurs des bandes rouges ne sont pas tracées à l'échelle. Elles devraient en fait être plus étroites.
" Nous recherchons un signal qui ressemble à un signal artificiel, et celui là pourrait en être un " a déclaré Eric Korpela, un chercheur de l'université de Berkeley. En 1967, Bell Burnell avait découvert un signal radio pulsé qui laissait penser à une émission extraterrestre. Ce fut en fait la découverte du premier pulsar. David Anderson, directeur de SETI@home pense que le signal ne provient probablement pas d'extraterrestres mais que ca valait le coup d'essayer de le réécouter. "
Source : http://www.futura-sciences.com/magazines/espace/infos/actu/d/univers-premier-signal-radio-provenant-extraterrestres-4349/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Signal_Wow!
Yves Herbo-SFH-07-2013-07-05-2014