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Visions Michel GRANGER phénomène ovnis, les extraterrestres et des mutilations animales - PART II

Visions Michel GRANGER phénomène ovnis, les extraterrestres et des mutilations animales - PART II
Les dérives outrancières de l’abductologie
Dans son livre, Marie-Thérèse de Brosses soulignait l’évolution récente des rencontres du 5ème type (abductions) ; et de s’étendre à plaisir sur le côté de plus en plus sexuel des expériences. L’examen physique devient surtout gynécologique pour les femmes ! (Examen vaginal obligatoire, précise la psychologue E. Fiore (42), spécialiste des hypno-régressions).
C’est D. Jacobs (27) qui ajouta au scénario de l’abduction l’objectif reproducteur (outre ceux physique et mental) et ainsi enrichit l’épisode examen de détails plus ou moins scabreux qu’il appelle savoureusement inquisitions physiologiques. Du coup, les tripotages (sic) des abductées se firent plus hard et les récits d’abductions s’agrémentèrent de scènes à caractère sexuel qui semblent remplir une part importante des enlèvements. Les scénarios d’abduction ressemblent beaucoup à de la pornographie féminine, écrit Elaine Showalter (19).
Pulsions sexuelles amenant à l’orgasme induites à distance chez les femmes par le grand être (le chef des ET abducteur ?), masturbation des hommes (éjaculations provoquées par des caresses pour pompage de sperme), sado-masochisme, pénétrations avec divers objets, fantaisies sexuelles inter-abductés,coïtus interruptus, et même incitation à la pédophilie (les ET montrent comment faire à une fillette de 13 ans !), etc., etc., tout cela n’accrédite guère le comportement d’Êtres Supérieurs venus des confins de la galaxie pour ainsi se rincer l’œil et favoriser les bas instincts de l’être humain.
Car étant normalement dépourvus d’organes sexuels, les aliens ne participent pas directement aux ébats. Nous n’avons pas de preuves manifestes que les extraterrestres possèdent des parties génitales, mais les êtres hybrides en ont parfois (Jacobs). Les actes mixtes entre humains et ET sont rares, reléguant ainsi aux oubliettes l’épisode fameux d’Antonio Villas-Boas qui, en 1957, s’était accouplé à une extraterrestres cochonne (d’après les cris qu’elle poussait sous son étreinte) au Brésil. On a vu que D. Jacobs considérait ce cas comme la première abduction.
Interdits donc de travaux pratiques, les aliens abducteurs se rattrapent en regardant (des ET voyeurs) en observant, et parfois en interférant (sadiques), voire obligeant les ravis à forniquer ensemble, ce qui paraît, en effet, ravir certains abductés. M.-T. de Brosses parle d’une abductée qui s’est fait tatouer un ovni près du pubis !
N’ayant pas de sexe, ces aliens n’en sont pas moins des obsédés du sexe humain, insatisfaits de ce qu’ils ont vu depuis 50 ans et en redemandant toujours encore.
Toute cette mascarade, la procédure médico-sexo-génétique installée au cœur de l’abduction (M.-T. de Brosses), serait sensée répondre à la bonne cause et fournir la matière première (ovules + sperme) pour créer des hybrides humain/ET ; car les ET sont là pour ça, pour perpétuer et revivifier leur race ; ainsi seraient nés, soit in vitro (en couveuses), soit de femmes porteuses souvent inconscientes de leur état, des créatures hybrides (43) : certains ont calculé à partir des chiffres du Roper qu’il y aurait eu de la sorte 100 millions d’hybrides sur Terre en 50 ans ! Où sont-ils ? Qui les nourrit ?
Il en aurait résulté des syndromes de grossesses virginales chez certaines abductées (elles ne se souviennent pas d’avoir été engrossées !) et, de fœtus manquant (44) lorsque les ET récupèrent l’enfant avant terme. A quelles fins ? Arrêtons-là avec deux anecdotes supplémentaires qui montrent que le mal est vraiment profond.
En 1992, un multi-abducté australien se retrouva après une visite avec un cheveu blond enroulé autour du pénis (45) !! Il aurait récolté cela au cours d’une gâterie que lui aurait prodigué une femelle alien ; on ne dit pas si elle était asexuée mais il semble qu’elle ait été conquise par une pratique humaine qu’appréciait fort un ancien Président des Etats-Unis de la part de certaines de ces stagiaires. Eh bien, croyez-le : ce navrant épisode fut pris au sérieux avec le paiement d’une analyse d’ADN mitochondrial par le CUFOS (Center for UFO Studies), créé par feu A. J. Hynek (46), avec un article de 14 pages dans son journal (47).
L’analyse a montré que le matériau génétique du cheveu est biologiquement proche de celui de l’homme (la femme en l’occurrence) normal mais d’un type racial inhabituel en Australie, voire extrêmement rare. Et de se demander s’il s’agit d’un cheveu abandonné par une coquine extraterrestre venue se ressourcer ici sur terre (drôle de manière !) ou celui d’une Australienne albinos, d’une chinoise décolorée ou d’une taïwanaise (sic) ?
Un dernier exemple en date : voilà qu’un abducté accuse les ET de lui avoir enlevé le pénis pour le remplacer pour un plus petit (48) !! Pas étonnant qu’on nous apprenne qu'une proportion grandissante de demandes de divorce en Amérique stipule l'intervention charnelle d'un(e) amant(e) de l'espace ! Selon The People du 29 janvier 1995, les cas de divorce sont nombreux chez les abductés. De plus en plus nombreuses aussi sont les femmes jalouses qui se plaignent que leur mari manque à ses devoirs conjugaux parce qu'il est sous l'emprise d'une belle extraterrestre sexy ? Linda, par exemple, affirme que son mari a perdu sa virilité après ce qu'elle décrit comme des partouzes spatialesavec un équipage mixte d'ovni ! Un homme est aussi en prison pour 40 ans, à Elizabeth (New Jersey), pour avoir tué sa femme sous prétexte de la protéger contre l’agression de créatures venues d’ailleurs… La maladie des ovnis n’a pas de limites.
Le sondage Roper 1998
J’ai dit, plus haut, qu’il y avait pourtant des raisons d’espérer voir cet épisode américain d’ufologie fiction se terminer. Sur quoi se fonder ? Sur un autre sondage plus récent effectué par Roper pour le compte du NIDS (du temps où il existait encore), auprès d’un échantillon de 5995 Américains adultes dont la publication a reçu beaucoup moins de publicité de la part des médias. Malgré les déclarations affirmant qu’il confirmait les résultats de 1991 (Hopkins), les réponses positives aux fatidiques questions ont accusé un déclin marqué si bien que les abductionnistes ont préféré n’en pas faire état.Voici les résultats des réponses aux 5 + 2 questions-clés : 3/ = 7 % (-), 4/ = 11,6 % (- 35,5 %), 5/ = 4,7 % (- 53 %), 7/ = 6,4 % (- 50,77 %), 8/ = 5,25 % (- 34,37 %), 9/ = 4,4 % (-44,5 %), 11/ non demandé cette fois).
On voit que le pourcentage d’Américains à avoir vu un ovni n’a pas varié entre 1991 et 1998 (7 %) ; mais les réponses aux cinq questions-clés concernant les symptômes d’abduction ont diminué de 31,2%.
Ce sont, cette fois, douze sondés qui ont répondu yes aux 5 questions et 58 à 4. De la sorte le nombre d’abductés possibles tombe de 3,7 à 2,5 millions (49). C’est moins, mais c’est encore beaucoup ; en tout cas la thèse de la contamination par le cinéma, la TV, les articles spécialisés qui ont fleuri entre 1991 et 1998 semble inadaptée.
P. Brooksmith souligne récemment les contradictions internes de cette enquête puisque la question directe avez-vous subi une abduction par un ovni ? a été posée cette fois et récolté 20 yes (à comparer aux 12 qui ont tous les symptômes de l’abducté ; mais il n’a pas de théorie complète pour expliquer la baisse du nombre d’abductés potentiels entre 1991 et 1998.
Plus récemment (36) (il n’est pas abductionniste, on l’a compris), il fait état d’informations obtenues auprès du site Abduction Information Center, selon lesquelles les rapports d’abductions seraient de moins en moins nombreux. Il y a 7 ans, le centre recevait entre 5 et 15 cas d’abductions par jour, et aujourd’hui de 1 à 2 par semaine ! Effectivement la vague serait en net recul. Reste à confirmer. Une enquête en cours du MUFON (50) devrait nous y aider.
Alors, que conclure ?
Rien, je dis bien RIEN, ne vient corroborer le côté objectif des enlèvements ET, dits abductions. Que ce soit le nombre des victimes incompatible avec de réelles opérations matérielles de transport, l’absence totale de preuves physiques, le côté trop humain, trop bassement terrestre dirais-je, de certains témoignages des victimes, TOUT (51) porte à dissocier ces expériences de la réalité. En clair, les abductés s’imaginent avoir vécu leur expérience, cela ne fait aucun doute pour qui se donne la peine d’étudier le dossier.
Reste à se demander pourquoi ces gens ont des souvenirs de choses qui ne leur sont pas arrivées, à comprendre pourquoi ces gens croient qu’ils ont été kidnappés par des aliens . Et j’ajouterais : pourquoi on cherche tant à nous en faire accroire sur la question ? Une partie des réponses est donnée dans un petit livre que tout le monde devrait lire (52). Car, le phénomène déborde maintenant largement le microcosme ufologique et on peut redouter les effets d’une telle campagne d’intoxication dans d’autres domaines.
Bien sûr, le problème des abductions doit être pris en compte par les professionnels de la santé mentale pour soulager les victimes des souffrances qu’ils endurent : souffrance morales et non physiques, mais tout aussi dévastatrices, même s’ils compensent souvent en partie en se croyant desélus. La vie des enlevés a changé après une abduction : n’est-ce pas là l’indice d’un mal-être de la société américaine déboussolée, en recherche de valeurs (et de mythes ?), coincée entre une grande liberté de pensée et le puritanisme ; séquelle du contexte socioculturel de fascination pour les aliens, un sondage de 1991 n’a-t-il pas montré que 40 % des Américains pensent que les abductions sontpossibles.
Les causes du problème sont certainement plus profondes et plus graves qu’une simple crise de l’imaginaire tournant autour de caricatures d’ET libidineux obsédés par la sexualité humaine.
Pour moi, la vague d’abduction américaine 1990-2010 restera un période obscure pour l’ufologie ; pourra-t-elle s’en relever ? C’est tout ce que je lui souhaite.
Notes et références :
1/ Evacuons d’emblée le problème de la classe sociale des abductés ; il a été affirmé par les sceptiques qu’ils n’appartiennent qu’à la couche la moins instruite de la population. Les victimes d’abduction sont des femmes au foyer, des fermiers, des agriculteurs dont les connaissances de base se limitent à la littérature ovni (Skeptical Inquirer, Janvier/février 2009). C’est faux !Pourquoi aucun contact avec des scientifiques mais uniquement avec des bûcherons, des pêcheurs ? (Ground Saucer Watch, décembre 1986). Archifaux !T. E. Bullard, qui a interviewé 309 abductés, parle de ménagères, de fermières mais aussi de docteurs, d’infirmières, de professeurs. J’ai longtemps correspondu avec un professeur d’université prétendant avoir subi cette expérience.Le Professeur J. Mack écrit : J’ai eu affaire à des étudiants, des femmes au foyer, des secrétaires, des écrivains, des gens de la finance ou de l’industrie, des professionnels de l’informatique, des musiciens des psychologues, un caissier de boîte de nuit, un gardien de prison, un acupuncteur, une assistante sociale, un ingénieur du gaz. Ainsi les abductésproviennent de toutes les couches sociales de la société américaine et la campagne de discrédit engagée contre eux par les sceptiques ne peut sérieusement mettre en avant leur propension àmatérialiser leurs fantasmes pour les voir comme vrais.
Aucune étude statistique n’a montré que les ET abducteurs faisaient une sélection avant de cibler leurs victimes. Il semble bien que l’opération se fasse au hasard mais surtout chez des femmes.
On peut cependant remarquer une absence de personnalités d’élite parmi la communauté d’abductés ; eux auraient peut-être d’autres moyens de se faire entendre que les cabinets de psychiatres.
La tentative de mouiller une personnalité telle que le secrétaire des Nations Unies par la Reine des abductées, Linda Napolitano (1b) en 1989, n’a pas marché. Interrogé, celui-ci a répondu : Je ne me souviens de rien de ce genre. Mais peut-être souffre-t-il d’un effet d’écran sur son système mnémonique ?
Aucun astronome, à ma connaissance, n’a jamais été abducté, mais comptez-vous beaucoup d’astronomes professionnels dans votre entourage ? Je serais tenté de dire : aucun physicien non plus s’il n’y avait un cas en France, et pas des moindres, qui tend à infirmer cette affirmation (contexte dit Oummite).

Par ailleurs, on a avancé que les responsables des enlèvements ET ne cherchent pas la publicité. Or, il y a un contre-exemple frappant dans l’expérience abductive de W. Strieber. Cet écrivain professionnel à succès de romans d’horreur et d’imagination (romans de vampires, d’êtres surnaturels) a raconté son abduction dans un livre publié en 1988. Ce livre a eu un succès qui dépasse de loin toutes les meilleures ventes d’ouvrages sur les ovnis (j’ai lu un million d’exemplaires). W. Strieber affirme avoir reçu 250 000 lettres de lecteurs de son livre Communion rapportant avoir rencontré les visiteurs. On a coutume de dire que Strieber sensationnalisa lesabductions.
Les partisans de l’interférence de l’imaginaire sur les témoins aiment à penser que c’est son livre – plutôt le dessin de couverture que le texte d’ailleurs – qui, ayant subjugué ses lecteurs, en a fait par l’influence de la fascination des abductés potentiels lesquels, nombreux, se sont manifestés lors du sondage de 1991. Il est vrai qu’il était le premier aussi (avant D. M. Jacobs) à y introduire des connotations érotico-sexuelles !W. Strieber n’a d’ailleurs jamais beaucoup défendu le côté objectif de son expérience et, dans son deuxième livre publié en 1989 :Transformation, il s’éloigne de la réalité physique des visiteurs pour parler de ses visions et se transformer d’abducté en shaman. P. Klass (1919-2005.), qui ne voit pas dans les abductions autre chose que des inventions suggérées sous hypnose, a reconnu ne pas croire que W. Strieber avait délibérément menti !

La couverture de la traduction de Communion publiée aux Editions J’ai Lu ne risquait pas de provoquer en France une vague d’abductions !
1b/ Granger, Michel, Kidnappings par les E.T. Le cas du siècle, TAU CETI, n°34, avril 1995.
2/ Même les ufologues américains restèrent longtemps méfiants à l’encontre de ces rencontres très, très rapprochées. Le MUFON, notamment, Mutual UFO Network, la plus grande association ufologique américaine actuelle, refusa de s’en faire l’écho jusqu’en 1990. Elle s’est bien rattrapée depuis.
3/ Matheson, Terry, Alien Abductions, Creating a Modern Phenomenon, Prometheus Books, Amherst, NY, 1998.
4/ Dans les années 1970-80, il fallait 10 pages format A3 à l’UFONS(UFO Newsclipping Service, Editor David Marler, P.O. Box 1001, Edwardsville, IL 62025, e.mail : ufo.news@hotmail.com) pour faire tenir mensuellement tous les articles de presse parus en Amérique sur les ovnis; aujourd’hui 4 pages suffisent parfois !

5/ Lewis, James R., The Gods have landed ;New Religions from Other Worlds, State University of New York Press, Albany, NY, 1995.
6/ Howard Menger, auteur du livre : From Outer Space to You, Saucerian Books, Clarksburg, Virginie, 1959.

7/ Jerome Clark, The UFO Encyclopedia, Omnigraphics Inc. Detroit, MI, 1998.
8/ Enlèvement vs abduction ! Justement les anglo-saxons ont inventé le verbe to kidnap pour désigner cela ; l’utilisation, par les Américains, deabducted est plus ambiguë au point que sa traduction a posé problème. L’école ufologique française dite folklorique a même joué là-dessus pour proposer le terme de ravis, ce qui révèle soit une méconnaissance grave du phénomène (peu probable ; rares sont les abductés sièges d’une expérience dite exaltante) tant l’expérience de l’abducté est le plus souvent pénible, douloureuse (qualificatifs rencontrés = viol, torture, calvaire, horreur, cauchemar, panique etc.), soit d’une tentative de récupération pour assimiler ces enlèvements à ceux figurant dans les annales du folklore. De toute façon, cette dénomination franco-française a vite fait long feu.
9/ John G. Fuller, Le Voyage Interrompu ; deux heures à bord d’un ovni, Editions du Rocher, 1982. Publié initialement en 1966.
10/ Betty a bien sûr dû raconter ses rêves à son mari, d’autant que, contrairement à ce qu’a écrit Fuller, on a aujourd’hui la preuve qu’elle avait lu un livre de D. J. Keyhoe sur les ovnis avant et nonaprès l’incident. Barney aurait intégré la séquence onirique de Betty (rêve partagé), selon le psychiatre de Boston, utilisant l’hypnose dans sa pratique, qui traita initialement le couple. Il n’y aurait eu là qu’un phénomène de fantaisie partagée. Aujourd’hui encore cette hypothèse n’est pas définitivement évacuée comme en témoigne tout dernièrement, dans le MUFON Journal d’avril 2009, une étude visant à éliminer cette possibilité.
11/ NICAP : National Investigation Committee on Aerial Phenomena : la plus vaste organisation ufologique au monde de l’époque.
12/ Betty, du fait de sa longévité (Barney, lui, décéda d’une hémorragie cérébrale en 1969), fut longtemps considérée comme la grand-mère des abductés ; elle continua à colporter pendant plus de 40 ans son histoire dans les congrès ufologiques qui l’invitaient régulièrement jusqu’à sa mort survenue en 2004 ; on l’y voyait souvent poser auprès d’une effigie de l’alien qu’elle disait avoir rencontré (voir Michel Granger, Mort de la grand’mère des ovnis, Dimanche S & L, 2 janvier 2005).
Le cas Hill, malgré son caractère fondateur du phénomène de l’abduction, fut largement attaqué quant à son authenticité physique. Les socio-psychologues ont trouvé à cette histoire maintes explications dont celle que Betty, conditionnées par les livres sur les ovnis, de science fiction et la télévision montrant des créatures ET à gros yeux, aurait fait passer la suggestion du rapt à la réalisation. Le couple aurait traduit en terme soucoupique une peur d’une autre origine (peur d’agression raciste contre les Noirs), dans le cadre des discriminations raciales qui sévissaient encore en Amérique (selon Michel Meurger in Alien Abductions, Scientifictions,La Revue de l’Imaginaire Scientifique, numéro 1, Volume 1, Encrage, 1995).Le support physique du fantasme aurait été selon P. Klass, la planète Jupiter exceptionnellement brillante ce jour-là (Klass, Philip J., UFO Abductions, A dangerous Game, Prometheus Books, New York, 1989.

12/ Selon D. Jacob, un autre spécialiste des abductions, c’est le cas Villas Boas, le premier abducté (le Rico Sifredi du genre). Cf. David M. Jacobs,A Brief History of Abduction Research, in Journal of Scientific Exploration, Vol. 23, N° 1, printemps 2009.
13/ Cas Schirmer
14/ Lorenzen, Coral & Jim Lorenzen, Abducted ! Confrontations with Beings from Outer Space, BerkleyMedallion, New York, 1977.
15/ J. Randles écrit, dans Abduction ; over 200 documented UFO kidbappings exhaustily investigated, Robert Hales, Londres, 1988, qu’elle a reçu une lettre d’Aimé Michel lui disant que M. Masse avait bien été abducté mais qu’il ne souhaitait simplement pas donner de publicité à la chose !

16/ T. E. Bullard, UFO Abductions : The measure of a mystery, 1987, Volume 1 : Comparative Study of Abduction Reports et Volume 2 : Catalog of Cases, 1987. Plus de 600 pages format A4.
17/ Il s’agit de :
A. Anonyme, 1950 ;
B. M. Bachelard, 1954 ;
C. Anonyme, 1960 ;
D. Frank Fontaine, 1979 rangé dans la catégorie canular
!E. Stéphane Gasparovic, 1983.
Examinons en détails les 4 cas possiblement authentiques :
A/ Le 20 mai 1950, une femme rentrait chez elle à 16 h dans la Loire quand elle fut éblouie par une lumière céleste avec une sensation de paralysie. Deux énormes mains noires apparurent devant elle, comme descendues du ciel, qui la touchèrent et elle ressentit comme un choc électrique. Elle fut tirée par la tête et emportée dans un champ où elle cru sa dernière heure arrivée. Son assaillant semblait invisible. Elle réussit à atteindre les maisons les plus proches, entendit un coup de vent et vit une lumière blanche fuser au loin. Où est l’abduction ?
B/ M. Bachelard, gendarme, est dit avoir été aérotransporté dans sa voiture, le 18 octobre 1954, en plein jour, par un engin en forme de cigare alors qu’il circulait entre Gelles et Coheix, dans le Puy-de-Dôme ! Bullard cite A. Michel comme référence et la revue Lumière dans la Nuit de décembre 1968 (si un lecteur peut m’envoyer photocopie, je l’en remercie). J’ai retrouvé mention de ce cas dans le livre de A. Michel : Mystérieux Objets Célestes mais il ne parle que d’une observation d’ovni traumatisante pour le témoin qui se retrouva à destination alors que son véhicule avait été ralenti à30 km/h par l’ovni. Décidément voilà deux cas plutôt récupérés qu’effectifs !
C/ C’est un cas franco-canadien développé par B. Hopkins dans son livre (18) ; il concerne Virginia Horton (pseudonyme) chez qui des séances d’hypnose régressive effectuées en 1979 réactivèrent des souvenirs oubliés, notamment concernant une rencontre inquiétante lors d’un séjour en France, en Alsace, en juin 1960, quand elle avait 16 ans. Lors d’un pique-nique familial, pour jouer avec son frère, elle était entrée dans les bois et y était restée 30 minutes à une heure, ce qui avait inquiété sa famille d’autant qu’à son retour il y avait du sang sur son chemisier.
Incapable d’en préciser la cause, elle se souvenait seulement d’un cerf qui l’avait regardée drôlement ! Or les régressions par hypnose jusqu’à son personnage 19 ans plus tôt auraient révélé (!) que l’image du cerf faisait écran à un véritable contact ovni où elle avait rencontré une famille de créatures grisâtres dans un engin volant posé dans la forêt : Ils célébraient quelque chose. Du sang lui avait été prélevé par l’intérieur du nez et la cérémonie visait à fêter le résultat d’une expérience effectuée sur elle 10 ans plus tôt lorsqu’elle avait déjà été enlevée par ces mêmes êtres alors que, gamine, elle ramassait les œufs dans la grange de la ferme de son grand-père, dans le Manitoba, au Canada. Elle avait, à cette occasion, fait un voyage à bord de l’ovni et été auscultée dans un cabinet médical. Les étrangers avaient de longs doigts et des yeux sans paupières…
Cas pas vraiment français, l’unité de lieu n’étant guère respectée.
D/ Stéphane Gasparovic, habitant de Sommerecourt, en juillet 1983, déclara à L’Est Républicain : J’ai été aspiré par une boule de feu. Il resta absent deux heures et raconta, à l’hôpital où il avait été admis après avoir été retrouvé errant comme un robot, avoir parlé à des petits êtres avec des oreilles pointues. Assez pauvre témoignage pour briguer le titre d’abduction !
A noter que notre principal abducté français, C. Vorhilon, alias Raël, n’y est même pas mentionné !

18/ Budd Hopkins en l’occurrence, auteur de Enlèvements extraterrestres, les témoins parlent Editions du Rocher, 1995, publié initialement en Amérique sous le titre Missing Time, Ballantine Books, New York, 1981. En 1991, il confiait avoir reçu plus de 4000 lettres d’experiencers d’abduction et en 2003, J. F. Moffitt met 1500 cas d’abduction à son crédit (in Moffitt John F.,Picturing extraterrestrials ; Alien Images in Modern Mass Culture, Prometheus Books, Amherst, NY, 2003).
19/ Showalter, Elaine, Hystories, Hysterical Epidemics and Modern Culture, Picador, Grande Bretagne, 1997.
20/ Je ne sais pas vraiment où M.-T. de Brosses a pu trouver que ce sondage OMNI comprenait 450 questions si ce n’est qu’elle n’a même pas dû avoir la revue en main !
21/ Remarquer dès le début le côté tarabiscoté des questions qui n’est peut-être pas étranger aux réponses. Pourquoi ne pas demander carrément : croyez-vous avoir été enlevés par des ET ?
22/ Mensuel, dont l’éditeur fut Bob Guccione et qui eut comme directeur éditorial de 1978 à 1982, le fameux auteur de science-fiction scientifique Ben Bova ; dans ses pages se mêlait un subtil mélange d’articles sur des sujets de société et d’avant-garde et des nouvelles de SF. Il cessa de paraître fin 1995 après avoir commencé en octobre 1978. Je fus un fidèle abonné.
23/ Lettre personnelle du 1er Mai 1989.
24/ Notamment le biais du public sondé plus conditionné à travers la revue que le commun des Américains à cette problématique extraterrestre.
25/ R. Bigelow est un mécène américain qui consacre son argent à l’étude des ovnis et phénomènes connexes. C’est lui qui finança notamment le NIDS (National Institute of of Discovery). Il semble qu’il veuille actuellement investir dans le MUFON.
26/ Selon un service omnibus à la maison : il s’agit en fait d’un groupe de personnes représentatif de la population américaine (ni ciblé, ni biaisé) offrant aux clients de l’organisation de sondage la possibilité de poser des questions à un échantillonnage, régulièrement remis à jour, en face-à-face et non par téléphone comme j’ai pu le lire ; les sondés sont rémunérés, d’où le coût du sondage estimé à un demi-million de dollars, soit 83 $ par pack de 11 réponses (c’est bien payé).
27/ B. Hopkins s’était fait aider dans sa tâche de formulation des questions par son collègue D. Jacobs et par le Dr Ron Westrum, professeur de sociologie à l'Université du Michigan.
David M. Jacobs, historien de l’ufologie, est l’auteur, sur les abductions, deSecret Life, paru en 1992 et traduit et publié en français sous le titre : Les Kidnappeurs d’un autre monde, Presses de la Cité, en 1995. Ce livre quidramatise et sexualise le scénario des abductions a eu un impact important sur la popularité du phénomène. La traduction française donnée par Sylvaine Charlet en a beaucoup atténué l’attrait.

28/ L’option questions indirectes avait été encore adoptée pour faire ressortir la majorité des abductés qui, selon les experts en la matière (eux), ne sont même pas conscients de leur statut peu enviable (sic). De plus, il s’agissait plutôt que de leur poser la question directe : avez-vous été enlevé par des ET ? de les interroger sur les symptômes spécifiques que le duo de grands spécialistes ès abductions Hopkins/Jacobs avaient dégagés de leur connaissance de la question. Inutile de dire que cette méthode fut dénoncée comme très contestable, comme par : Robert L. Hall, Mark Rodeghier et Donald A. Johnson, in Journal of UFO Studies, New Series, Vol. 4 1992, selon lesquels laprévalence des abductions n’existe pas ! Un peu comme le fait que les hypochondriaques qui, dans un dictionnaire médical, se trouvent tous les symptômes des maladies mais ne les contracteront pas toutes, voire aucune.
29/ Durant R. J., Alien Abduction Workload, Bulletin of Anomalous Experience, Vol. 4, N°1, février 1993.
30/ Une ravie interviewée par M.-T. de Brosses avoue avoir été enlevée plus d’une quarantaine de fois… !

31/ Marie-Thérèse de Brosses, auteur du livre : Enquête sur les enlèvements extraterrestres, Plon, 1995.
32/ Le fait, justement, que les abductions surviennent surtout en Amérique milite aussi en faveur d’un phénomène de société lié au contexte socioculturel plutôt qu’à un statut de peuple élu vis-à-vis des ET qui s’intéressaient surtout aux Américaines (80 % des abductés sont des femmes !). Cinq millions d’abductés en Amérique et tout juste 5 en France ! M.-T. de Brosses ne cite qu’un cas français (récent, pas de date) qui, victime de moqueries sur son cas (les abductés français ne sauraient vers qui se tourner pour parler de leur expérience) s’est réfugié dans le mutisme, sauf en ce qui la concerne. Quant à S. Allix, qui a consacré un livre à cesrencontres non humaines, il ne cite même pas un cas français ! (Allix, Stéphane Extraterrestres : l’enquête, Albin Michel, 2006). Ainsi les aliens viendraient faire jouir les Américaines et pas les françaises ! Pourquoi cette préférence ? Un correspondant Américain auquel je me suis ouvert de cetteprédilection ET m’a fait la savoureuse réponse suivante : Probablement parce que les aliens qui visitent la France sont aveugles ou stupides. Ou même gays !
33/ voir FATE, Vol. 45 N°9, septembre 1992. Dennis Stacy, jouant la provocation in More on Alien Abduction Workload, Bulletin of Anomalous Experience, Vol. 4, N°4, août 1993, allait jusqu’à parler de 1,2 milliards d’abductés dans le monde d’où la nécessité pour le phénomène d’être psychologique. Une origine terrestre et non extraterrestre.
34/ John E. Mack, Dossiers extraterrestres : L’affaire des enlèvements, Presses dela Cité, 1995. Mack ratifia les abductions.

35/ Michel Granger et Jacques Bernot, Le problème des abductés, inREVUE FRANCAISE DE PARAPSYCHOLOGIE, Volume 1, N° 3-4, 1999-2000. Cet article copieux (30 pages) était un résumé d’un livre en préparation qui avorta vu les circonstances.
36/ Peter Brookesmith, When Aliens go to College, Fortean Times, n°238, juillet 2008.
37/ Les abductionnistes à succès, B. Hopkins et D. M. Jacobs, sont respectivement artiste peintre, sculpteur et historien (Ph. D. ?). W. Strieber est romancier. A. Druffel est sociologue. Seul John Mack avait de sérieuses références scientifiques (M. D.) : professeur de psychiatrie à la Harvard Medical School ; il fut prix Pulitzer… pour une biographie de Lawrence d’Arabie. C’est lui qui écrivait : Pour moi il est clair que des humains sont enlevés par des E.T. afin d'être utilisés dans toutes sortes d'expériences. Là, à mon avis il s’aventurait hors de son domaine de compétence. Il est d’ailleurs le seul abductionniste à s’être ainsi arc-bouté à cette cause perdue.
L’intérêt du Professeur Mack pour les abductés s’est terminé malencontreusement en 2004, quand un autobus londonien l’a renversé fatalement.
38/ C’est Rémy Chauvin, dans son livre Le retour des Magiciens, JMG Editions, 2002, qui fait ce surprenant – et exclusif - amalgame en parlant d’abductions animales ! A ma connaissance, aucunabducté reconnu n’a été mutilé !
39/ Granger, Michel Implants extraterrestres, UFOMANIA, n°14-15, mars 1997.
40/ Granger, Michel, Assurance anti-extraterrestre ETRANGETES & MYSTERES, N° 31, septembre 1997.
41/ Druffel Ann, How to Defend Yourself Against Alien Abduction, Three Rivers Press, New York, 1998.
42/ Fiore, Edith, Abductions ; Encounters with extraterrestrials, Sidgwick & Jackson, 1989, Londres.
43/ Si des hybrides humains/ET sont nés, il faut bien que les aliens aient quand même une certaine sexualité ? Ou bien alors pratiquent-ils une sorte de clonage à partir de leurs cellules indifférenciées et des cellules sexuelles humaines prélevées sur les abductés ?
44/ Granger, Michel, Le mystère du foetus manquant, ETRANGETES & MYSTERES, N° 20, septembre 1995.
45/ Granger Michel, Le cheveu d’E.T. SENTINEL NEWS, N°15, Octobre-Décembre 1999.
Ces autocitations multiples ne sont pas là pour satisfaire mon ego mais pour éviter qu’un lecteur deUFOMANIA ne vienne me traiter ici de superficialité compte tenu de l’espace restreint qui m’est imparti pour régler un problème aussi foisonnant que les enlèvements ET type abductions. J’ai étudié par ailleurs en profondeur ce que je résume ici. Dont acte ! Quant au reste, je l’ai dit et je le répète, je n’ai rien à vendre sur la question. A la rigueur si quelqu’un veut savoir ce que j’ai écrit sur un de ces sujets particuliers qu’il s’adresse à la revue et je lui ferai copie de l’article demandé.
46/ International UFO Reporter, (Volume 24, Numéro 1).
47/ Le pauvre a dû se retourner dans sa tombe.
48/ Fortean Times, septembre 2008.
49/ Brookesmith, Peter, Roper’s Latest Knot : The 1998 Abduction Survey, The Anomalist, N°8, printemps 2000.
50/ Appel à abductés in MUFON Journal, avril et mai 2009.
51/ Et qu’on ne vienne pas me dire que certains cas de télé(trans)portation d’abductés « à la Star Trek» justifient moindrement la réalité de l’enlèvement abducteur ! La télé(trans)portation d’êtres vivants est aujourd’hui – et pour longtemps – du domaine de la science fiction. Or, on veut nous faire croire que les abductions font partie du réel. Pourquoi ? Nous vendre des salads ?
52/ Clancy, Susan A., Abducted ; How People come to believe they were kidnapped by Aliens, Harvard University Press, Londres, 2005. Ce livre soulève quelques pistes intéressantes.

Publié dans UFOMANIA n° 60 de septembre 2009.






































