Visions Michel GRANGER phénomène ovnis, les extraterrestres et des mutilations animales - PART I
Les enlèvements ET : réels ou imaginaires ?
Si l’on en croit la chronique, une multitude d’extraterrestres arrivés jusqu’à la Terre - aux larges yeux et à la peau grise (!) - seraient engagés, depuis plus de 50 ans, dans une vaste opération d’enlèvements d’individus visant à faire des prélèvements et des examens sur la population humaine, surtout anglo-saxonne, à des fins indéfinies et mystérieuses… Rien que cela !
Face à pareille et extraordinaire assertion, la question qui se pose est : les personnes qui témoignent de cette opération, sont-ils réellement emportés dans l’espace, examinés, et ensuite restitués ? En d’autres termes, y a-t-il quelque chose d’objectif derrière toute cette affaire ou bien n’est-ce que fantasmagories manifestement subjectives (irréelles), voire psychiatriques ?
Il faut se souvenir qu’il y a, chez tous les esprits peu cultivés (1), une tendance à transformer les images internes en faits objectifs; on croit aisément avoir vu ce que l’on s’est imaginé.
F. Myers, Les Hallucinations Télépathiques, Félix Alcan, 1905.
Que des vaisseaux spatiaux venus d’ailleurs hantent notre ciel, c’est déjà peu évident compte tenu de toutes les objections qui s’y opposent : mais n’est-ce pas grâce à un tel scénario de vol spatial que la technologie terrestre a pu réaliser, dans le ciel lunaire (missions Apollo) et martien (sondes et autres engins posés et explorateurs), ses premiers pas hors de sa planète originelle ? Que les pilotes de ces engins aient pu s’en extraire après atterrissage sur Terre, pourquoi pas, les astronautes des missions lunaires ont bien fait de même ? Déjà, l’aspect et l’attitude de certains de ces prétendus extraterrestres(ET) (humanoïdes à l’allure trop humaine et surtout sans combinaison spatiale), ont soulevé des interrogations quant à leur provenance. Mais qu’en plus, à l’insu des autorités officielles et en toute impunité, ces ET débarqués sur notre sol s’adonnent, compulsivement, à une opération massive d’échantillonnage et de sévices divers sur les humains sans que la moindre preuve physique, si ce n’est celle des témoignages ahurissants des victimes, soit disponible, est une fable difficile à avaler autrement que comme un conte de fées moderne. Une fable à forte tendance libidinale trop humaineà mon sens
Et pourtant l’ufologie, tout d’abord réfractaire puis reluctante à s’y intéresser, après avoir longtemps nié (2) ces récits de prétendus enlèvements ET, à dû se résoudre à les intégrer dans son corpus; une concession qui pourrait bien à terme la ridiculiser et la décrédibiliser totalement et pas seulement aux yeux des scientifiques déjà peu enclins à quelque considération envers elle. Ceux-ci, d’ailleurs, ne s’y sont pas trompés en la laissant se dépêtrer avec cette facette connexe difficile à interpréter. Heureusement, après une longue période de grande confusion, certains indices récents semblent indiquer qu’on revient à plus de raison ; et c’est tant mieux.
Brièvement voyons comment cette thèse des enlèvements ET a émergé du milieu occultiste et spiritualiste pour venir s’imposer en ufologie, puis appesantissons-nous sur ce qui a pu amener à cette poussée médiatique délirante des années 1990-95 [d’aucuns y voient le mécanisme d’implantation d’un mythe contemporain (3)] pour finalement constater qu’après une véritable autodestruction par le nombre, après avoir engendré les pires excès (notamment dans la quête depreuves tangibles), les pires outrances, l’épidémie est en passe de sombrer dans un salutaire reflux observé aujourd’hui. Un retour aux fondamentaux de l’ufologie : les observations (4) célestes et les enquêtes sur le terrain - dont tout ufologue ne peut que se réjouir, du moins à mon sens.
Examinons d’abord comment l’idée de relations psychiques entre certains hommes (on nomme ces gens privilégiés des contactés) et des créatures étrangères à notre planète (aliens) s’est immiscée insidieusement dans l’ufologie, en une parodie de la rencontre de Moïse avec Dieu sur le Mont Sinaï (Exode, 19 :16-20). Née en Europe, elle a fait ensuite florès Outre Atlantique.

Contactés voyageurs
Bien que le premier contacté fût suédois, l’Amérique a, depuis toujours, été une pépinière pour les contactés de tous poils. E. Swedenborg (1688-1772), dans son traité cosmologique publié en 1758, informait le monde qu’il avait personnellement visité les différentes planètes du système solaire (sauf Uranus, Neptune et Pluton inconnues à son époque !) et même au-delà et y avait découvert tous les bienfaits qu’il aurait souhaité voir appliquer à notre monde : justice sociale, progrès technologique, éducation publique et bien-être moral...
Avant 1900, la Suissesse Catherine Elise Muller, alias Helène Smith, ramena de ses pérégrinations médiumniques sur Mars des paysages pittoresques (descriptions, dessins) mais aussi une langue martienne (!) sur laquelle cogita longuement le professeur de psychologie genevois Theodore Flournoy (1854-1920) malgré l’évidence qu’elle présentait beaucoup de similitudes avec le français !
Ces deux précurseurs issus de la tradition religieuse mystique, voyageant en astral plutôt qu’en ovni, furent prolongés par la mouvance occulte à travers la théosophie (5), jusqu’à l’arrivée de l’ufologie moderne quand certains témoins arguèrent de leur réussite dans une communication psychique avec les occupants des mystérieux airships (1946) ; puis, avec les pilotes des soucoupes volantes (1950).
Ces contactés de la première heure étaient des prophètes modernes transmettant des messages spéciaux sensés provenir des ET surtout axés autour du sauvetage de l’humanité du désastre (nucléaire) qui l’attendait ; les ET en question étaient des Êtres Supérieurs, des Grands Frères (le terme n’a pas attendu Obama pour être utilisé !).Quelques noms de cette période : Daniel Fry (1908-92), Howard Menger (1922-2009) [6], Laura Mundo (1913-89), George Van Tassel (1910-78) ; et George Adamski (1891-1965) lequel prétendit embarquer depuis le désert de


Californie pour Vénus, Mars et Saturne… Il présenta même en 1951 des photos fantaisistes de la face cachée de la Lune ramenées de son excursion spatiale !
En fait, tous ces contactés voyageurs, amis des ET, rapportèrent des informations sur les planètes voisines de la Terre encore mal connues qui, malheureusement, se révélèrent parfaitement fausses au fur et à mesure des acquits de la conquête spatiale (quelques rares exceptions sont encore avancées, sur lesquelles il serait trop long d’épiloguer). Adamski prétendait avoir rencontré des Vénusiens grands et blonds alors qu’on sait que cette planète est un chaudron brûlant au pire susceptible d’abriter un bouillon de culture bactérien thermophile !
Jusqu’en 1960, les relations entre les contactés et les ufologues demeurèrent très distanciées, au stade de deux univers mentaux séparés (7) malgré leur point de convergence patent à travers l’hypothèse extraterrestre comme origine des ovnis, très en vogue à l’époque.
Les premiers abductés

C’est en septembre 1961, le 19 précisément, que se situe l’épisode initial, fondateur, du phénomène dit d’abduction (8), assimilable à un enlèvement par les ET : il s’agit duvoyage interrompu de Barney et Betty Hill, survenu près de Groveton, New Hampshire, alors qu’en auto, ils s’en retournent à leur domicile après un déplacement à Québec.
Betty, au côté de Barney (un couple biracial), le conducteur de leur Chevrolet Bel Air, peu après minuit alors qu’ils roulent sur la US Highway 3, remarque une étrange lumière dans le ciel qui semble les suivre et se rapprocher car sa taille ne cesse de grossir. Elle pousse du coude son mari qui traverse alors une zone escarpée montagneuse ; à l’instigation de Betty, Barney arrête son véhicule et ils sortent pour dégourdir les pattes de leur chien Delsey et observer le ciel ; ils s’éloignent prudemment car c’est une région à ours ! Ayant remarqué que la lumière est toujours là et en mouvement, Betty va chercher une paire de jumelles dans l’automobile en stationnement ; ils la braquent en direction de l’ovni. Ce qu’ils allaient apercevoir tous les deux devait définitivement bouleverser leur vie et, ainsi que certains observateurs le prétendent, le cours de l’histoire du monde, écrit pompeusement John G. Fuller (9).
En fait, il est difficile de savoir exactement ce qu’ils ont réellement vu et vécu même à la lecture du livre de Fuller qui narre par le menu leur aventure ; entre leurs souvenirs conscients (objet brillant en forme de crêpe, silencieux, avec des lumières clignotantes, qui les suit), leurs impressions sur le coup (énorme vaisseau structuré comprenant une rangée de fenêtres avec derrière au moins six silhouettes qui les regardent), la paralysie passagère de Barney, puis leur fuite hystérique, leurs souvenirs du lendemain (un étrange bip-bip électronique, leur marche dans les champs) et ce qui va ressortir de leur période d’amnésie d’une durée de 2 heures qu’ils vont se remémorer plus tard, sous hypnose…, on a du mal à faire la part des choses.
Car Barney et Betty vont arriver à destination avec un tel retard sans pouvoir dire ce qui s’est réellement passé durant ce laps de temps manquant : d’oubli commun à deux.
Cette fameuse période d’amnésie consécutive à l’observation d’un ovni va devenir plus tard une phase-clé et incontournable de l’expérience abductive quand l’hypnose va être avalisée pour réveillerles souvenirs oubliés ; voici un réservoir inépuisable de détails à extraire de l’esprit des témoins soumis à un tel scénario qui va bientôt constituer un puits sans fond (nourrissage (enjolivement ?) du récit au fur et à mesure des sessions d’hypnose régressive) mais aussi une raison majeure de fabrication par les hypnothérapeutes accusés d’influencer les témoins et d’implanter dans leur esprit de faux souvenirs stéréotypés.
Pas plus traumatisés que ça, Barney et Betty, après avoir discuté ensemble, décident de garder pour eux leur curieuse expérience ; pas longtemps : le surlendemain, Betty en parle à sa sœur puis à leurs voisins. Ainsi, l’histoire remonte à la police locale puis à la base aérienne voisine de l’US Air Force(Pease) qui, suite à un échange téléphonique entre Barney et le major de la 100ème escadre de bombardiers de la base, en fait un rapport d’information succinct et bateau qui conclut qu’il est impossible de croire à la possibilité ou à la véracité de ces événements.
Il est ainsi probable qu’on en serait resté là – un banal cas d’observation d’ovni – si Betty n’avait pas eu, dans les semaines après l’incident, des rêves (9) récurrents décrits comme des cauchemars extrêmement vivaces où elle se voyait enlevée par un ovni !
Elle raconte tout cela à un représentant du N.I.C.A.P. (11) qui interviewe le couple le 21 octobre pendant 6 heures, ce qui les met sur le devant de la scène. Le 3 mars 1963, les Hill donnent leur première conférence publique… Betty semble apprécier ce brouhaha médiatique (12) autour d’eux, Barney, beaucoup moins. Au point que sa santé ayant montré quelques problèmes, il consulte un médecin qui l’oriente vers un psychiatre, lequel, dès le 6 juin 1964, le soumet à des séances d’hypnose destinées à réveiller ses souvenirs ainsi emprisonnés et les libérer d’une emprise supposée faire écran. Betty, a devancé son mari dans cet exercice, 3 mois plus tôt ! Ainsi, se complète leur aventure avec un timing détaillé de l’embarquement dans l’ovni aux côtés de créatures à tête chauve et mongolienne et des examens et prélèvements (de sperme pour Barney et d’ovules pour Betty à l’aide d’une aiguille enfoncée dans le nombril). Un scénario répliqué depuis par des milliers d’abductéset un prototype d’ET abducteur devenu une image inscrite au patrimoine de l’inconscient collectif US.
Quelques émules jusqu’en 1980
Pendant plus de 20 ans, l’aventure rapportée par les Hill qui, n’était pas, soit dit en passant, la première suggestion de kidnapping forcé dans les annales de l’ufologie, ne constitua pas, certes, un cas isolé, mais ne fit pas non plus tache d’huile.
Malgré la forte publicité médiatique dévolue à cette affaire (elle parut dans la revue Look en feuilleton en 1966 !), peu d’autres cas émergèrent après, notamment aux Etats-Unis où seulement un cas fut signalé jusqu’en 1973 [cas Schirmer (13)] et discuté dans le rapport Condon.
La vague d’observations d’ovnis qui se produisit alors draina quelques cas connus par les noms des victimes : Hickson (1973), Roach (1973), Walton (1975), Moody (1975), Larson (1975), Stephen (1975), Thomas (1976), etc. et Andreasson (réminiscence d’une rencontre de 1967). Le premier livre écrit sur le sujet des abductions paraît en 1977 (14) et se consacre à l’examen de 13 cas.
Jusqu’en 1980, ces rencontres avec des occupants d’ovni relatèrent chacun un scénario particulier bien spécifique, même si tous sont confrontés malgré eux à des êtres de petite taille et souffrent de la période d’amnésie qu’on tente déjà de lever grâce à des séances d’hypnose.
Quelques cas émanent hors de l’Amérique mais au compte-goutte. Au point que l’ufologue britannique, Jenny Randles, en 1979, dans un livre généraliste sur les ovnis, qualifiait les quelques cas d’enlèvements supposés existant à l’époque de très rares ; dix ans plus tard, elle consacrait (15) au sujet un ouvrage entier présentant 200 cas d’espèce documentés, y compris un catalogue de 26 cas britanniques. A noter qu’elle y incluait pour la France : Valensole et Romans (cas Giuliana) or, à ma connaissance M. Masse n’avait pas été enlevé (mais seulement paralysé), et les prélèvements n’ont touché que la lavande (!) ; pour le second cas, il y avait de sérieuses réserves comme remarquées par le regretté Michel Figuet qui en soulignait déjà l’extrême subjectivité !
Dans la compilation pionnière de 1987 de Thomas E. Bullard (16), un folkloriste ufologue de l’université de Bloomington, Indiana, dont les abductions constituèrent le sujet de thèse, on trouve seulement 5 cas français (17) (2 %) sur un total de 270 s’échelonnant entre 1858 et 1985 en Amérique du Nord (49 %), Amérique du Sud y compris le Brésil (26 %), Australie (8 %) et Europe surtout Angleterre (19 %).
Ainsi arrive-t-on à 1989-90, avec un phénomène d’abduction « non formaté », limité numériquement et géographiquement, s’abritant timidement sous l’ample pelisse de l’ufologie qui compte déjà des dizaines de milliers de cas. Mais deux ans plus tard, la rumeur allait envahir le monde et dynamiter l’ufologie, la forçant à s’en préoccuper : les abductés américains existent par millions !
Qu’est-ci qui a pu ainsi transformer, en l’espace de deux ans, ces quelques expériences individuelles anecdotiques en fait de société massif ? Cela s’est fait en deux temps, le premier d’ailleurs dans une certaine indifférence malgré l’énormité de l’information.
L’enquête d’OMNI (1988)
Sous l’impulsion d’un auteur à succès (18) sur le phénomène des abductions qui commençait à passionner les foules (19), le mensuel OMNI, dans son numéro de décembre 1988, en marge d’un long article sur la question, proposa un questionnaire à ses lecteurs où figuraient, entre autres, mêlées à des questions plus périphériques, les deux suivantes (il y en avait 25 (20) en tout) : 1/ -n’avez-vous jamais vu quelque chose que vous pensez être un ovni ? et, si oui, 3/ (je garde la numérotation initiale) - quand vous vous remémorez cette observation, ne vous semble-t-il pas y avoir des trous bizarres comme si vos souvenirs de l’expérience ne formaient pas un tout cohérent ? (21). Visés, les 5 millions de lecteurs potentiels de ce magazine (22).

Le résultat de cette enquête fut publié en février 1989 : 2000 questionnaires avaient été retournés remplis : 75 % faisaient état d’une observation d’ovni (1/) suivis à 42 % par l’expérience de temps manquant (2/). 41 % rapportaient avoir fait des rêves récurrents concernant des ovnis et 65 % pensaient que ceux-ci (les ovnis)pouvaient bien être extraterrestres ! Pamela Weintraub, la rapporteuse de ces confessions, révélait que 450 questionnaires remplis avaient été envoyés par B. Hopkins à la Fund for UFO Research qui avait rentré les données sur un ordinateur. Finalement, les données avaient été envoyées (quel micmac !) à Robert Swiatek, le tsar des abductions de la fondation (sic) qui les avait analysées pour voir ce qu’elles pouvaient signifier : 4 % des réponses d’hommes et 11 % des réponses de femmes donnaient des informations assez proches pour être acceptées comme abduction (sic). A partir de là, le Dr Jean Mundy, psychologue new-yorkaise participante au dépouillement, m’écrivait en 1989, qu’elle estimait que 50 % des gens qui avaient écrit avaient eu une rencontre rapprochée avec des vaisseaux spatiaux et leurs occupants !! Et d’ajouter que, jugeant de ces réponses, probablement un million d’Américains avaient été en contact direct avec des ET, peut-être plus (23).
Malgré la contestation de P. Klass arguant qu’il y avait dans ce questionnaire un biais manifeste (24), le rendant inapte à être extrapolé à la population américaine, la rumeur était lancée et bien lancée. Elle allait enfler pour atteindre un niveau ahurissant en 1992.
Le sondage ROPER (1991)
Des millions d’Américains disent avoir été enlevés par des extraterrestres !, titra le prestigieux Times en juillet 1992 ! En France, Paris Match et VSD lui emboîtèrent le pas sans beaucoup vérifier.
A l'origine de ce scoop venu d’Amérique, un sondage de 1991 auprès d’un panel d’Américains [exclus, ceux de l’Alaska et de Hawaï) de plus de 18 ans (pourquoi ?)], par The Roper Organizationpour le compte de la Bigelow (25) Holding Company (BHC), visant primairement à déterminer le pourcentage de sujets ayant vécu des expériences anormales inhabituelles dont le syndrome d’abductionovni fait partie.
A 5947 personnes sélectionnées (26), il a été posé 11 questions dont celles : 3/ (je garde ici aussi la numérotation d’origine) : - Avez-vous vu un ovni? et 11/ : - Avez-vous fait des rêves où apparaissaient très nettement des ovnis ? ; mais surtout 5 autres sensées indicatives d’une expérience d’abduction avec la notion de fréquence : une fois, une fois ou deux ou jamais, à savoir :
4/ Vous est-il arrivé de vous réveiller paralysé avec le sentiment d’une personne étrange ou d’une présence ou de quelque chose d’autre dans votre chambre ?
5/ Avez-vous eu l'impression de voler dans les airs même si vous ne savez pas pourquoi ni comment ?
7/ Avez-vous fait l'expérience d'une période de temps d’une heure ou plus pendant laquelle vous avez été apparemment perdu mais que vous n’avez pu vous souvenir pourquoi ou bien où vous êtes allés ?
8/ Avez-vous observé des lumières ou des boules brillantes dans votre chambre sans savoir ce qui a pu les provoquer et d’où elles venaient ?
9/ Avez-vous constaté sur votre corps des surprenantes cicatrices dont ni vous ni quelqu’un d’autre ne se souvient comment vous les avez eues et d’où elles proviennent ?
Analyse contestable
Par delà les résultats bruts aux sept questions dites « reliées aux ovnis » dont voici les chiffres : 3/ = 7 %, 4/ = 18 %, 5/ = 10 %, 7/ = 13 %, 8/ = 8 %, 9/ = 8 %, 11/ = 5 %, ce sont les cinq concernant les symptômes d’abduction qui nous intéressent. Quelle analyse les abductionnistes (27) en ont-ils fait ? En vérité, ils semblent avoir été grisés par l’extrapolation directe des chiffres obtenus et ne s’y sont pas arrêtés, même pas effleurés par la validité externe douteuse (28) de cette enquête (c'est-à-dire sa validité à être généralisée aux 270 millions d’Américains par une bête règle de trois), pour ne s’émerveiller que sur l’ampleur apparente des phénomènes enregistrés : 7 % des Américains ont vu un ovni, cela fait : 270 millions x 0,07 = 20 millions d’observations au moins !
N’ayant trouvé que 18 personnes qui avaient répondu positivement aux 5 questions clés sur lesabductions, la logique aurait été de déduire que 0,3 % de la population américaine présentait les critères de cette expérience, soit 820 000 individus. C’était déjà pas mal mais l’ennui était statistique : pour un échantillon de 6 000 unités, la marge d’erreur est de +/- 1,4 % ; ça veut dire que théoriquement les 18 abductés révélés par le sondage pouvaient être les seuls touchés par l’expérienceabductive dans toute l’Amérique ! Du coup, l’émerveillement tombait de façon dramatique. Qu’à cela ne tienne : ne suffisait-il pas, pour décerner le titre d’abducté possible, de se contenter de 4 yes et d’unno ! On va voir que nos deux experts abductionnistes n’entrevoyaient pas encore les à-côtés pervers de l’abaissement de leurs exigences ; d’ailleurs, ils ne se donnaient nullement la peine d’en fournir même la moindre justification malgré tout l’arbitraire de l’opération.
Toujours est-il que sans se livrer à la moindre recherche d’inter-corrélations (voir si ceux qui ont répondu OUI sont bien les mêmes et dans quel pourcentage), ils déduisaient mathématiquement des 119 réponses à 4 yes aux 5 questions clés que 2 % de la population américaine présentait, selon eux, les critères requis de l’abduction, soit entre 1,11 et 6,29 millions aux extrêmes de la marge d’erreur.
C’est ainsi que 3,7 millions d’Américains majeurs et qui ne sont ni en prison, ni en base militaire (?), ni en maison de santé, furent annoncés comme ayant une forte possibilité d’être un abducté ovni, ce qui se transforma dans les journaux par : Plusieurs millions d’Américains enlevés dans des vaisseaux extraterrestres ! Quel beau titre pour faire vendre en plein été quand l’actualité se fait morne. Mais n’était-ce pas enfoncer le bouchon un peu trop loin ?
Le piège caché de la surenchère sur le nombre
Car, jouant le jeu à fond, à partir de ce chiffre et de considérations variées, certains se livreront, à diverses et embarrassantes extrapolations.
L’ufologue Robert J. Durant s’ingénia, en 1993 (29), à évaluer la charge de travail à attribuer auxabductions par les aliens. Comblant la lacune des enfants exclus de l’enquête Roper et intégrant la notion de multi-abductés (30) ressortie de l’enquête (10 abductions possible dans une vie entre 5 et 55 ans), il arrivait à 50 millions d’abductions américaines en 50 ans, soit un million par an ou 2740 enlèvements perpétrés par jour. En ramenant à 2 heures la durée moyenne d’un enlèvement qui nécessite la présence de 6 aliens, R. Durant estime que 1370 ET travaillant 24 heures sur 24 pourraient suffire à accomplir ces travaux sur le continent américain, écrit sans rire Marie-Thèrèse de Brosses (31) alors que le propos de Durant est de montrer le ridicule de la situation.
Si le phénomène d’abduction est mondial, le nombre des abductés doit être multiplié par 22 ! [on verra que ce n’est pas le cas (32)]. Vingt-deux millions d’abductions dans le monde par an ! Et là, R. Durant reprend un problème soulevé par un de ses collègues (33) : celui de la logistique nécessaire à tous ces enlèvements ET qui devraient impliquer des millions de soucoupes volantes au point que littéralement les cieux en soient obscurcis par ces millions de soucoupes !
Ainsi, les E.T. devaient avoir lancé sur l'Amérique une opération de grande envergure dont la logistique met en œuvre, chaque nuit, des milliers de vaisseaux spatiaux, allant et venant comme des lucioles. A l’évidence, il n’en était rien.
La conclusion qui s’imposait de cette absurdité était la suivante : le sondage Roper éliminait de lui-même la possibilité que les abductions soient réelles et les ramenaient à un phénomène psychologique. En clair les abductés avaient rêvé leur expérience : ils l’avaient vécue de l’intérieur !! Il s’agissait bien d’un syndrome, non pas d’un voyage spatial physique.
Dès lors, l’ufologie aurait dû prendre ses distances (on est en 1992-93 quand l’énormité du nombre des victimes du syndrome d’abduction éclate) ; il n’en a rien été au point que c’est l’ufologie qui risqua de sombrer toute entière emportée par cette psychologisation obligée du phénomène.
Abductés : oui, psychopathes : non
Suite au sondage Roper de 1991, les organisateurs dépassés par les chiffres obtenus se tournèrent vers la seule corporation apte, selon eux, à soulager les si nombreuses victimes d’abductions : les « psy ».
Un fascicule de 60 pages basé sur les résultats de l’enquête fut envoyé à 100 000 professionnels américains de la santé mentale, psychiatres, psychologues, afin de les inciter à soigner plus humainement les victimes du syndrome d'enlèvement à bord des ovnis (sic). Ce qui relevait sans conteste d’un bon sentiment.
Mais, paradoxalement, preuve que les initiateurs du sondage Roper 1991 n’avaient pas perçu l’effet autodestructeur du chiffre annoncé, il était demandé textuellement aux thérapeutes de métier decroire ce qu'affirment les kidnappés de l'espace et de les traiter de la même manière que les gens qui ont subi un trouble de stress post-traumatique comme, par exemple, les soldats confrontés aux atrocités de la guerre ou les enfants maltraités. Tout un programme !

Contre toute attente, voilà qu’il apparut aux « psy » que, contrairement à la plupart de leurs patients, les abductés ne semblent pas des fous (quoique certains…, comme on verra plus loin ?), ni des cinglés, ni des déviants sexuels ; ils ne sont pas atteints de psychopathologie, relançant la polémique sur l’expérience vécue par les abductés. Un nouveau venu à l’abduction, et pas des moindres puisqu’il s’agit d’un psychiatre reconnu, le Dr John E. Mack (34), mit tout son poids pour accréditer l’idée que les expériences des abductés défieraient toutes les explications psychiatriques traditionnelles. C’est lui qui a écrit : Les kidnappés, d’une manière générale, ne sont pas des gens mentalement perturbés (ils n’ont pas un quelconque dérangement mental), mais ils ont vécu des expériences hautement déstabilisantes. Qu’il me soit permis d’en douter pour certains dont le délire sera vu plus loin.
Une étude psychologique canadienne montre, pourtant, que les abductés, contrairement à ce qu'on a pu croire, ne sont ni moins stables mentalement, ni moins intelligents, ni davantage portés à la fantaisie que la population moyenne. La seule différence est qu'ils croient aux ovnis. Ainsi donc, le syndrome de l'abduction serait-il la maladie des ovnis ?
Il résulta du sondage Roper de 1991, et de l’information largement diffusée au personnel de la santé mentale en Amérique, une frénésie d’efforts pour tenter d’expliquer les récits d’enlèvements par des causes non pathologiques. Citons en vrac : trauma de naissance (Lawson), séquelles de violences subies durant l’enfance (Loftus), syndrome des faux souvenirs (cryptomnésie), thèse psychiatrique, cauchemars neurotiques, [anomalie du lobe temporal (D. Klein)], hypnose iatrogénique, hypnopompie (rêves éveillés), personnalités enclines à la fantaisie (syndrome de Peter Pan), onirisme, terreurs nocturnes (D. J. Hufford), cauchemars (D. Stacy), paralysie du sommeil, phénomène de transfert freudien, allergies (A. Budden), troubles sexuels (on va voir ci-dessous qu’elle n’est pas dénuée de fondement, si j’ose dire), hystérie sexuelle freudienne (R. Ofshe), troubles neurologiques (M. Persinger), masochisme (R. Baumeister), apparitions religieuses (H. Evans), maladie des ovnis (R. M. Laibow), psi (Dr Berthold Schwarz), délire (S. A. Clancy), possession spirite (J. Schnabel), possessions démoniaques (J. Pontotillo), etc.
Ajoutons-y, les interprétations des sceptiques : hallucination collective (C. Sagan, S. Mizrach), épidémie hystérique (E. Showalter), affabulation (K. D. Randle), suggestion hypnotique de souvenirs implantés (P. Klass), crise individuelle psychologique (J. Rimmer), psychose mondiale (G. Earley), thèse paranoïde (L. Lammer), contamination sociale, fascination littéraire, thèse fantasmatique (psychosociale), mythe en formation pour l’avènement d’une nouvelle religion (T. Matheson) et finalement intrusion psychique de J. Vallée dite solution intermédiaire qui plaît à M.-T. de Brosses et implique une intervention étrangère au niveau du cerveau des abductés. Quelque chose d’aussi difficile à démontrer que l’existence de Dieu !
A noter qu’aucune de ces théories ne prend le phénomène des enlèvements ET au premier degré !
L’objet de cet article m’interdit d’entrer dans les détails de cette débauche d’explications. J’ai d’ailleurs déjà effectué en partie ce travail en 1999 (35) quand rien ne laissait encore présager d’une sortie de crise abductive de l’ufologie. Mon coauteur, le docteur Jacques Bernot, médecin psychiatre hélas disparu aujourd’hui, m’avait persuadé de ne pas exclure une quelconque origine organique et artificielle du phénomène des abductions et de conclure avec lui plutôt sévèrement. Ce qui nous avait valu quelques remarques d’ufologues avertis optant pour une théorie plus complexe que celle à laquelle nous avions abouti.
Avant de passer aux bonnes nouvelles pour l’ufologie, à savoir le déclin actuel de la vague abductive, voyons ce qui peut expliquer le désintérêt pour le sujet des scientifiques dits académiques. Car, au même titre que l’ufologie, on peut dire que l’abductologie n’est pas un sujet porteur pour la recherche scientifique. Les dérapages et dérives outrancières que l’on verra plus loin n’ont certainement pas aidé non plus.
La méfiance des scientifiques
Dans le Fortean Times de juillet 2008, P. Brookesmith fustige les scientifiques pour le peu d’intérêt qu’ils ont porté au phénomène des abductions (36). Et il n’a pas tort, le bougre, en ne pouvant citer que quelques rares livres sérieux consacrés à la question par des diplômés ou assimilés (37) (il en a peut-être manqué quelques-uns).
Les seuls professionnels, qui y ont, en effet, porté quelque attention, sont les « psy », les anthropologues et les sociologues folkloristes, lesquels, il faut bien l’avouer, ne sont guère mieux considérés dans la communauté scientifique que les ufologues.
La seule tentative hélas avortée d’une approche scientifique multidisciplinaire du phénomène desabductions fut, à ma connaissance, celle de David G. Gotlib, un jeune étudiant en médecine psychiatrique canadien qui, en janvier 1990, lança son projet mais jeta l’éponge 5 ans plus tard. Officiellement cet arrêt qualifié d’interruption (temporaire ?) était dicté par un manque de temps dans sa vie personnelle et professionnelle…
Personnellement, grâce à Internet, je l’ai suivi jusqu’à fin 1999 où il avait terminé sa formation de psychiatre et allait s’installer à son compte. A cette date, il était d’accord avec moi pour déplorer le bas niveau scientifique en vigueur pour aborder le problème des abductions et n’avait pas de projet de relancer son activité sur la question. Mais qui sait ? Tout est possible, m’écrivait-il le 12 juin 1999. Dix ans plus tard, personne ne s’est présenté pour continuer son approche.
Son idée de travail était d’avoir un réseau pluridisciplinaire sur la question qui débattait librement dans son Bulletin of Anomalous Experience (Expériences Anormales étant préféré à abduction trop restrictif) ; cela ne dura que 5 ans et j’ai eu l’honneur de figurer dans sa liste de participants, lesquels ne dépassèrent jamais la trentaine.
Il avait su se rapprocher de diverses disciplines telles que : médecine, psychiatrie, parapsychologie, science sociale, ufologie, etc. Dommage qu’il n’ait pu continuer ; mais aujourd’hui, c’est trop tard maintenant qu’on nous annonce le phénomène en déclin.
Avant d’en terminer justement avec cela (un nouveau sondage Roper montrant le phénomène desabductions en phase de régression, confirmée par des informations encore plus récentes), je voudrais enfoncer le clou de la non-réalité physique des abductions en soulignant deux arguments supplémentaires :
- L’absence de preuves physiques ;
- Les affirmations outrancières sur la question.
Pas de preuves physiques
Bien qu’encore largement plus fréquentées par les ovnis que celles d’Europe, les nuits américaines ne sont visiblement pas sillonnées par des essaims d’ovnis se livrant à leur basse besogne abductive. Ceci, d’ailleurs, au mépris de toutes les règles de sécurité en vigueur et à l'insu du système de surveillance aérien le plus sophistiqué et le plus efficace de la planète ! Depuis le 21 septembre 2001 à fortiori.
De toute façon, à une telle échelle, un tel charivari en va-et-vient aéroporté devrait laisser des traces ; notamment sur le lieu des enlèvements, sur le lieu du retour, traces physiques mais aussi témoignages de tiers se trouvant là à proximité, contusions sur les enlevés ainsi molestés, etc.
Aucun ovni abducteur n’a jamais marqué le lieu de son atterrissage, à ma connaissance. Il est vrai que selon les récits, les ET descendent d’un vaisseau en sustentation dans l’air et l’abducté est attiré (aspiré) à distance à l’intérieur depuis son lit, à travers le mur, les fenêtres (!). Jamais la moindre dégradation de matériel n’a, encore à ce que j’en sais, ainsi été signalée.
Pourquoi aucune opération d’hélitreuillage ET n’a-t-elle jamais été repérée par un groupe de gens, surtout quand elle a eu lieu en pleine ville à la vue d’un public brusquement devenu aveugle ? Cela défie l’entendement pour quelque chose d’aussi grave et qui doit aussi demander des moyens si spectaculaires Comment se fait-il que personne, étranger à l’opération, jamais ne soit jamais venu témoigner de ce qu’il a vu ?
Quant aux abductés, ils devraient, un jour ou l’autre, garder quelque stigmate de l’incident : contusion, ecchymoses, blessures… Certes, certains enlevés ET ont présenté quelques marques mais il est impossible d’établir avec certitude le lien de cause à effet surtout quand ce sont des cicatrices imputées à un enlèvement lointain.
De même, les examens tels que décrits, menés sur les abductés, devraient laisser des séquelles internes ; or les traces d’interventions chirurgicales décelées parfois sur des ravis n’ayant jamais été opérés ne sont pas très convaincantes (M.-T. de Brosses). Aucune n’a jamais été certifiée médicalement, je pense.
Etablir un lien entre les abductions et les mutilations animales sur bovins me semble de la plus haute fantaisie et pourtant cela a été fait (38).
L’affaire des implants, selon laquelle les abductés seraient soumis à un système de monitorage, baguéscomme les oiseaux, pour les retrouver puisqu’ils seraient pour la plupart des multi-abductés « suivis » tout au long de leur vie, a fait grand bruit mais, toujours à ce que j’en sais (39), aucune des analyses des particules sous-cutanées localisées et extraites des victimes ne s’est révélé artificielle.
Pour ce qui est du syndrome du fœtus manquant et des grossesses virginales consécutives à uneabduction, nous allons aborder ci-dessous le côté sexuel du phénomène avec tous les excès engendrés.
Souligné comme un argument massue excluant tout enlèvement physique par P. Klass, celui, aussi, qu’aucune plainte contre un acte d’abduction n’a jamais été enregistrée par le FBI. Ainsi, tous ces enlèvements sans exception se seraient-ils suivis de restitution intégrale (certes, avec traumatisme comme un animal soustrait à son milieu naturel, trafiqué et remis en liberté) ?
En plus du business des ouvrages narratifs des abductions qui ont eu un réel succès en Amérique (je ne sais pas en France), certains petits malins, prompts à profiter de l’occasion, y ont vu un moyen pour faire de l’argent.
Dans UFO Journal en 1992, on pouvait trouver une publicité intitulée : Protégez-vous des ET. Et de proposer un détecteur d’ovni à 239 dollars, carte bleue VISA acceptée !
Dans l’hebdomadaire scientifique britannique New Scientist du 18 octobre 2003, l’adresse d’un site Internet était indiqué, là où on pouvait se procurer un casque anti-abduction.
Dans la même veine, certaines compagnies ont proposé une assurance anti-abduction (40) ! Là où 35 millions d’Américains n’ont pas d’assurance santé, cela paraît osé. Eh bien, ça marche, paraît-il. En 1994, l’Evening Times parlait de 6 000 contrats anti-abduction signés en Amérique ! Et même en 1996 on parlait d’une première mondiale ; un assureur britannique annonçait avoir indemnisé un client victime d’enlèvement par des ET : 1,7 millions de dollars ! Mais c’était un canular destiné à donner un coup de pub à la compagnie d’assurance ! Ce qui n’a pas empêché les offres d’assurance anti-ET de se poursuivre notamment par une filiale de la Lloyds.
Un livre a même été écrit sur l’art et la manière de se défendre soi-même contre une atteinte E.T. : l’auteur, Ann Druffel, une sociologue ufologue active depuis 1957 et à la réputation sérieuse, fait œuvre là d’un petit livre surprenant par son titre et sa jaquette (41). Elle a basé son étude sur les témoignages de 72 résistants, abductés, qui ont, semble-t-il, réussi à trouver une parade aux visites et aux abductions non désirées. Mais elle reconnaît que ce ne sont pas tous les abductés qui veulent ainsi résister, les Gris étant vus comme bienveillants. Comme rien ne prouve qu’ils soient tout-puissants cesaliens, elle indique neuf techniques de résistance efficaces dans l’ordre : 1/ la lutte mentale, 2/ la lutte physique, 3/ la légitime colère, 4/ la fureur protectrice, 5/ le soutien des membres de la famille , 6/ l’intuition (?), 7/ les méthodes métaphysiques (!), 8/ l’appel à des aides spirituels et, en dernier ressort, les répulsifs dits etifuges comme les herbes, achillée, sel, barre de fer, crucifix, croix – sic ! On croit rêver ! Mais il y a pire.
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